La Lumière sur la Matière et la Lumière dans la Matière

À l’image du Christ, après les affronts, l’injustice, la souffrance morale et physique le rejet l’abandon des siens, il fit voir à trois de ses disciples, la Lumière en Lui qui n’était pas seulement sur Lui, mais en Lui au moment de la transfiguration.

Dans la Bible, la transfiguration se situe après la multiplication des pains, au moment où les disciples, Pierre en particulier, reconnaissent en lui le Messie. Jésus avait déjà annoncé une fois qu'il devait mourir et ressusciter trois jours après, et que maintenant il devait se rendre à Jérusalem. Il l'annoncera encore deux fois après sa transfiguration. Il semble que la transfiguration se déroulait au cours de la fête des tentes.

Jésus, se rendait sur une montagne avec ses disciples Pierre, Jacques et Jean, et se trouva métamorphosé : l'aspect de son visage changea et ses vêtements devinrent d'une blancheur éclatante. Cette description rappelle celle qui est faite, dans les textes apocalyptiques, des anges envoyés du Seigneur. Elle rappelle la transcendance du Christ. Aux côtés de Jésus se tenaient deux grandes figures bibliques : Élie et Moïse. Pourquoi parmi tous les prophètes et témoins de l'Alliance retrouve-t-on précisément ces deux-là ? Plusieurs hypothèses sont soulevées. Moïse représenterait la loi et Élie, l'ensemble des prophètes. La présence d'Élie rappelle les textes de prophéties sur la venue du Messie : Élie doit venir avant le Messie et préparer le chemin. Moïse représente le libérateur du peuple juif, et celui par qui, la loi de Dieu fut donnée aux hommes, il est lui aussi, en quelque sorte un des précurseurs du Christ. Enfin, la mort de ces deux hommes est entachée de mystères. Elles sont présentées comme des actes volontaires de Dieu. Moïse est emporté par Dieu et découvre du haut d'une montagne le pays qui est promis au peuple d'Israël, puis il meurt, et est enterré, mais l'emplacement de sa tombe resta inconnu. Elie, quant à lui, est emporté dans les cieux par un char de feu.

Dans les Ecritures bibliques (Matthieu chapitre XVII verset 1 à 9) il est écrit que le visage de Jésus resplendissait comme le soleil et ses vêtements devinrent blancs comme de la lumière. De même Moïse et Elie apparurent et s’entretenaient avec Lui, alors Pierre prenant la parole disait : « il est bon que nous soyons ici » et il voulut dresser trois tentes, mais une nuée lumineuse les couvrit, ils entendirent une voix qui disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection, écoutez-le » puis ils tombèrent sur leur face et furent saisis d’une grande frayeur. Ensuite, les disciples virent à nouveau Jésus seul, les rassurant et en redescendant de la montagne, il leur recommanda de ne parler à personne de cette vision, jusqu’à ce que le Fils de l’homme soit ressuscité des morts. Ce passage biblique que nous appelons « la transfiguration de Jésus » laisse apparaître des faits, qui nous intéressent au plus haut point dans le cadre de cette étude.

Premièrement, retenons le Christ en parlant de lui lors de la redescente de la montagne,  se positionne dans la troisième personne en disant : « Quand le Fils de l’homme sera ressuscité des morts », il se présente donc comme un fils, un « sorti de  l’humain », cette identification le différencie de l’humain animal.

Deuxièmement, le Christ se montre dans une autre conscience, supérieure, en unité avec les trépassés, et enfin à nouveau seul avec les disciples dans la conscience humaine ordinaire, en peu de temps, ils étaient dans deux dimensions, dans deux consciences. La première conscience, la « Matière » Christ, Moïse et Elie présents dans le temps zéro, puis quelques instants après dans la conscience humaine ordinaire et mentale (dans le temps réel) avec ses trois disciples pour redescendre de la montagne.

Troisièmement, la réaction de Pierre qui, malgré la vision supra-mentale, trouvait bon qu’il soit là pour dresser selon sa logique mentale, trois tentes, trois « Beth », une pour Jésus, une pour Moïse et une pour Elie. Ces trois demeures, «  Beth » souvenons-nous c’est une maison, c’est le début de la dualité. Pierre voulait dresser des cages pour embrigader dans la trame lourde et collante la vision lumineuse, mais à ce moment même, la cage de l’entendement ne pouvait pas se refermer, elle fut arrêtée nette lorsqu’une une nuée lumineuse les couvrit, d’où sortit une voix, qui  mit les disciples dans une grande frayeur.

De même les faits de la résurrection furent rapportés aux onze apôtres pendant qu’ils étaient à table. Ils tinrent le discours des femmes témoins de la vision de l’ange leurs annonçant la résurrection du Christ, comme des rêveries, au point que Pierre se leva et courut au sépulcre, il ne vit que les linges qui étaient à terre, puis s’en alla chez lui dans l’étonnement (Evangile de Luc 24 V9-12). L’autre disciple Jean, pour ne pas le nommer, arriva avant Pierre, mais ne rentra pas dans le sépulcre, puis arriva Pierre qui y entra aussitôt, vit les bandes et le linge et c’est seulement après Pierre que Jean entra aussi dans le sépulcre. Il est écrit : « Jean vit, et il crut » après quoi les deux s’en retournèrent chez eux (Evangile de Jean 20 v3-10).

Puis enfin, dans la dimension supra consciente le visage du Jésus resplendissait comme le soleil et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière.

De même dans l’Apocalypse, l’envoyé à Jean, l’ange de Pathmos ce quelqu’un au milieu de 7 chandeliers d’or qui ressemblait à un fils d’homme, sa tête et ses cheveux étaient blancs comme de la neige ; ses yeux étaient comme une flamme de feu ; ses pieds semblables à de l’airain ardent, comme s’il avait été embrasé dans une fournaise, son visage était comme le soleil lorsqu’il brille dans sa force (Apocalypse 1 v13-16).

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La vision nouvelle lors de la transfiguration du Christ, avec Pierre, Jacques et Jean s’est renouvelée cette fois avec Marie de Magdala, Marie mère de Jacques et Salomé. Dans l’Evangile de Matthieu (28 v1-4) nous pouvons lire : « L’ange assis sur la pierre qui obstruait l’entrée du sépulcre avait l’aspect  de l’éclair, son vêtement était blanc comme la neige, les gardes tremblèrent de peur et ils devinrent comme mort. Les femmes par contre virent et furent rassurées par l’ange pour un moment, car peu après, elles s’enfuirent, la peur et le trouble les avaient saisis. Dans l’Evangile de Luc (24 v4) et de celui de Jean (20 v12) ce furent deux individus, tantôt deux hommes en habit resplendissant, tantôt deux anges vêtus de blanc, ces passages soulignent l’incertitude de ce que les humains virent, dans leurs visions ce furent des hommes ou des anges en apparence lumineuse, que leur mental ne savait interpréter. Sur Jean, rien n’est écrit de ce qu’il vit à l’entrée du sépulcre, mais il crut, à l’opposé de  Pierre qui vit le Seigneur que bien plus tard sur le chemin d’Emmaüs.

Cette nouvelle vision devra s’installer, c’est une autre loi physique, pour le moment la conscience de ce temps ne la reconnaît pas encore. Dans la conscience actuelle nos organes de sens ou de ressentis comme l’œil, l’ouïe, le toucher, les états d’âme se sont fossilisés et fixés sur un support mental et accessible par comparaison dans le cadre de la dualité. La vision nouvelle en dehors du temps, le mental n’aura plus son mot à dire, la division par la fragmentation ne sera plus, il ne restera que l’espace (la Matière) dans son entier. Quand nous nous trouverons dans la nouvelle conscience, la lumière qui éclaire le « dessus  de la Matière » ne sera plus superficielle mais elle sera également « dans la Matière », tout sera Lumière et « Entier ».  Notre perception sera en proportion avec la nouvelle conscience, elle sera ressentie par l’homme commun comme une folie. Le passage à cette nouvelle conscience sera une expérience physique, où le « “Entre” » verra ou entendra ou ressentira « l’Espace » (Matière), qui semblera émerger, refluer, s’éclaircir, s’estomper comme un tableau mouvant, selon la conscience de ce qu’il regarde et selon la conscience d’ où qu’il se trouve.  À l’exemple de Pierre, tantôt il vit dans une conscience supérieure, et il vit le Christ resplendissant avec Moïse et Elie, tantôt lors de la visite du sépulcre  avec Jean, il « ne vit pas » pourtant Jean « vit et crut » (Evangile de Jean 20 v8). L’autre exemple nous conduit sur le chemin d’Emmaüs où Jésus rejoignit deux disciples, mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître, jusqu’au moment où le Christ voulait les quitter et que les deux disciples insistèrent afin qu’il rentre avec eux. Alors ils se mirent à table, et au moment de rompre le pain le Christ le leur donna, c’est à ce moment qu’ils le reconnurent, mais il disparut de devant eux. Puis à l’heure même dans la foulée, les deux retournèrent à Jérusalem et retrouvèrent les onze et ceux qui étaient assemblés avec eux, pour faire témoignage de ce qu’il leur était arrivé, tandis qu’ils parlaient, le Christ se présenta à eux en leur montrant les plaies de sa crucifixion (Évangile de Luc 24 v13-40).

Les stigmates sur le corps ressuscité du Christ, révèlent que dans la dimension du supra conscient, en dehors du temps (là, où se trouve le temps zéro), la Matière, ou l’Espace existe, aussi bien dans la conscience élevée que dans la conscience inférieure car le Christ ressuscité et glorifié était à table avec ses disciples pour manger du poisson. Attention à l’avertissement du Christ, quand il répond aux pharisiens : « Le royaume des cieux ne vient pas de manière à frapper les regards, on ne dira point il est ici ou il est là, car le royaume de Dieu est au milieu de vous ».

Dans la nouvelle conscience, la pensée du mental ne sera plus entendue, elle ne sera plus comprise par le conscient inférieur, la Matière du conscient actuel ne sera plus prise pour ce qu’elle est. Dans cette nouvelle conscience, la Lumière sera la Matière, l’extérieur sera comme l’intérieur, il n’y aura plus la cage de l’entendement, le mental actuel n’aura plus sa place dans « l’Espace », car Il sera le Tout.

La parole sortant d’une bouche sera UNE avec l’Etre entier qui l’exprimera. Le menteur ne sera plus, le mensonge ne sera plus entendu, la mort ne sera plus vue, seule la nouvelle conscience sera la vraie logique de l’Univers, peut être celle qui a toujours été, celle que nous avons cru devoir inventer ou améliorer par le mental prisonnier dans notre cage de la dualité. Nous ne sortirons pas de la Matière, ce sera un nouvel état de la Matière, comme le minéral devenu végétal et ensuite animal ou encore, la chenille devenue  papillon !