Science et conscience

Pour que l'animal devienne un homme, il a fallu autre chose que l'infusion d'une conscience mentale. Cette conscience est au fond de nous, au fond de nos cellules, au fond de chaque cellule, et nous l'appelons de manières différentes. Pour quelques-uns c'est de l'intelligence, pour d'autres c'est de l'énergie, pour le spirituel c'est l'esprit ou l'âme et pour la plupart c'est la vie.

Toutes ces définitions peuvent être acceptées sous condition de ne pas les dissocier de la cellule, cette conscience cosmique et naturelle du corps est la Lumière centrale de la cellule.

Cette Lumière dans la cellule est tenue prisonnière par une trame intellectuelle et spirituelle, ce voile empêche la destinée de se réaliser, et devenir en fin de compte, la vraie cellule, la vraie Matière, l'Humain qui serait à devenir. Cette trame étouffe nos cellules, semblable à un voile de poudre de glaise, une poudre infinitésimale, grasse, serrée, gluante qui dès qu'on la touche, se soulève comme un rideau massif plombant la cellule dans une nuit totale, c'est « la nuit de lumière des vivants ».

Dans un contexte spirituel, l'homme a été habitué à penser que les êtres de l'évolution future ou de l'espèce humaine prochaine, seraient des êtres éthérés, (qu'ils n'avaient pas de corps) des êtres divins, et qu'ils rayonneraient dans la Lumière comme tous les dieux tels qu'ils les conçoivent.

C'est le démenti à toutes les assurances spirituelles du passé : « Si vous voulez vivre pleinement conscient de la vie divine, quittez votre corps – le corps ne peut pas suivre...... » - Et bien détrompons-nous, le corps sera la base manifestant le divin, voilà tout le travail qu'il restera à faire et ce ne sera pas vaine chose.

Le Christ avait un corps de chair, ce corps revêtu de la vraie Matière et lors de la transfiguration : « son visage resplendit comme le soleil, ses vêtements devinrent blancs comme la lumière » (Bible Matthieu 17v2). Il laissait apparaître la Lumière centrale dans leurs cellules, ces cellules n'étant plus plombées, la chape intellectuelle et spirituelle était brisée.

Dans une méditation profonde, nous pouvons nous libérer de notre enveloppe charnelle au point de ne plus subir la douleur, nous ne faisons que l'observer, nous pouvons également « fuir » la maladie et ainsi défier la mort pour se sentir dans un état d'Absolu... Ceci est parfait, mais où reste le corps, le monde créé, la partie gauche du chandelier ?

L'humain à (ou en) devenir est au centre du chandelier, il est le pont "Entre" le monde créé et le monde créateur, son corps, sa matière a évolué du minéral à l'animal en passant par le végétal, l'animal a découvert une conscience, une Lumière dans ses cellules, qui représente la partie droite du chandelier, celui du monde créateur. Les cellules du corps, de la matière deviennent alors quelque chose de conscient de très conscient. Cette conscience sera indépendante à elle-même, elle ne sera plus assujettie à la conscience vitale et mentale, ce sera une conscience corporelle cellulaire qui fera apparaître en son temps une forme nouvelle, des êtres nouveaux. Malheureusement, l'immense majorité de l'intellectualité humaine est toujours encore liée à se satisfaire et à s'occuper d'elle-même, par des petits progrès qui la font tourner en rond ; en définitive, ce monde n'a pas envie qu'il y ait autre chose. Par ce fait l'avènement de ces êtres nouveaux, peut très bien passer inaperçu ou être totalement incompris, à l'exemple d'un des gros singes qui avait rencontré le premier homme, il avait simplement dû sentir que c'était un être un peu bizarre ou étrange, et c'était tout.

À l'image du Christ, la vie ne s'était pas manifestée « en haut » au ciel non, il était venu « en bas » dans la matière, différemment. Il aurait pu nous tirer en haut et révéler la vie dans un contexte de « non matière ». L'Energie Christique s'est manifestée au travers de la Matière Humaine, cette Matière avec sa conscience physique était dégagée de la cage engendrée par le mental physique.

La cage plombe le gros singe et empêche le nouvel être à venir, cristallise la cellule et retient la vraie Matière à ou en devenir, et cela par l'intermédiaire de notre mental physique.

Ce mental marqué de l'empreinte de toutes les catastrophes qu'il a traversé pour s'éveiller à la vie, a imprimé la conscience matérielle, le mental dans la Matière s'est encrassé sous la pression de toutes ses difficultés, celles des obstacles, des souffrances et des luttes.

La conscience matérielle a été pour ainsi dire élaborée par ces choses, et cela a donné un stigmate, de pessimisme, de défaitisme et de négation. Le mental de la Matière (le subconscient) se rappelle de toutes choses et se protège contre l'inconnu. Dans l'exemple qui suit : il y a un courant d'air, ce mental attire notre attention que cela peut conduire à des refroidissements, à des rhumes interminables, et peuvent même entraîner d'innombrables maladies sournoises qui n'ont aucune fiche médicale. Ces maladies créent des obstacles, des souffrances, elles empoissent tout, engluent tout, épaississent tout et finalement voilent tout. Le mental de la Matière pense savoir projeter en avance la maladie, le désordre ou la confusion que cela peut produire, tout est prévu, dans les moindres détails catastrophiques. Ce mental, quelquefois nous fait dégringoler, et des années bien plus tard, déclare des cancers qui auparavant n'étaient engendrés que par de petites sécrétions chuchotantes. Celles-ci s'enroulaient indéfiniment quand on marchait, quand on mangeait, quand on parlait ou quand on prêtait l'oreille à ces tentacules de pieuvre, qui s'embobinèrent en douce autour des cellules, et puis on meurt, le mental a fait son « travail » et il dit : repos.

Enfin la paix de la mort, c'est la grande soif pour sortir de la catastrophe. C'est la grande base, l'immense base de la Vie, elle est appuyée sur le « NON » sur le négatif. Un « Non » qui prend mille formes, des millions de formes et de petites maladies ou de petites faiblesses, mais qui vont toutes vers la soif du « Non » final, la mort. Ce phénomène est totalement sournois et imperceptible, il est parfaitement recouvert sous notre vacarme mental, notre vacarme médiatique et politique, nos œuvres théologiques, évangéliques ou socialistes, nos ceci, nos cela, tout cela ne sont que de petites agitations fébriles sur une plateforme de mort. Pendant quelque temps, nous faisons semblant, puis un jour, on ne fait plus semblant, alors on fait appel aux antibiotiques, aux sciences de la médecine et s'il n'y a plus rien à faire le prêtre ou un pasteur clôturera ce phénomène. Bien sûr la mort n'est pas de ce jour, elle était toujours là, c'est devenu ce que c'était. Et l'on appelle cette négation « la vie » !

Finalement appeler le mal bien, et le bien mal, bien penser peut être mal, ainsi que mal penser peut être bien, tout peut être brouillé. C'est le Mental, alors personne n'est mentalement plus fort que son mental et ce n'est pas le mental qui corrigera le Mental.

Pour désasphyxier et épurer ce mental de négation, nous devons faire appel à une autre énergie, à une autre détermination celle qui donne la vie. L'huile circulant dans les sept branches du chandelier donne le carburant au monde créé, l'Esprit ou l'Énergie de vie, en ayant pleine confiance dans cette Huile, nous nettoierons l'écran de notre mental physique.

Seulement, le très grand problème que l'homme rencontre, c'est qu'il n'a jamais voulu rencontrer ce mental physique qui est radoteur, rabâcheur, menteur, il nous fait vérifier dix fois, si nous avons bien fermé la porte que nous savons fermée. L'écran de ce mental physique fixe tout en une seconde, il aura perçu mille détails et fidèlement, il nous les resservira dix ans après dans un état intact, depuis la réflexion d'un médecin qui nous disait : « Oh pour telle maladie, il faut deux ans de traitement », (alors naturellement il faudra deux ans), jusqu'à l'image la plus furtive.

C'est une mémoire implacable, et peut-être une mémoire millénaire, ceci est le tout premier mental de la Matière. Tout est fixé là, cristallisé là, c'est lui le bâtisseur de la cage qui plombe l'humain. Dans sa logique tout a une conséquence, tout s'enchaîne, tout va de cause à effet, inexorablement. C'est ce mental qui a rivé notre cage microscopique en resserrant ses mailles autour de la cellule. Rien ne pourra être guéri, rien ne sert d'être arrivé à une spiritualité en remportant « la Haut » des pouvoirs exceptionnels, aussi longtemps que les « chuchotements » du mental ne seront pas balayés, tous les pouvoirs de la conscience seront soufflés.

C'est là que se cache l'enracinement que nous appelons « le mal ». Ce qu'il veut c'est la nuit, la décomposition, la désagrégation de tout, le retour à la statique, le retour à ce qu'il était, le minéral, c'est-à-dire la mémoire le reconduit à ce qu'il était au début, alors qu'il faisait partie de la première branche du chandelier.

Un exemple du travail de ce mental, qui est exemplaire c'est la maladie de Parkinson, il répète et il répète son petit chuchotement de mort dans tous les gestes, il tétanise et fixe toutes les cellules et quand la mort, l'inertie totale aura pris le dessus, pour ce mental, cet état de fait, est une victoire, il a fait sa cage, il a réinventé la rigidité paisible de la pierre. La mort c'est un grand succès pour lui.

Certes cette première branche, le minéral fait partie du luminaire et porte sa partie divine en lui, mais l'homme avec sa conscience est appelé à se « développer » vers le centre du chandelier, la branche de « l'Humain à ou en devenir », Celui qui associera le Monde Créateur et le Monde Créé.

L'homme depuis qu'il est homme a perçu vaguement dans son sommeil, puis par après les yeux clos, des moments matériellement perdus (que nous appelions « tu es rêveur »), toutes sortes de forces et d'influences, qui prenaient tels visages lumineux ou obscurs, telles actions menaçantes ou bénéfiques, parfois il est témoin d'une scène inattendue qui par hasard survenait matériellement quelque temps plus tard. Dans ces états que souvent nous appelons « non-conscience », il arrive que nous rencontrions des parents, des personnes inconnues, des paysages familiers ou étrangers, recevoir même des connaissances qu'on ignorait avoir en nous.

Avec les siècles, nous avons systématisé la connaissance, cultivé une sorte de sommeil conscient, cultivé des méditations et des transcendances permettant de « posséder » d'étranges pouvoirs, pas toujours très heureux. Par ces pratiques des individus entendent les Vierges, les Saints ou toutes autres Divinités. Pour naviguer dans ce grand mystère du monde, les religions étaient commodes et rassurantes, des initiés de toutes sortes émergèrent. Toutefois il y avait et il y aura toujours des « penseurs », des génies mêmes, et pas nécessairement baigné dans une religion, qui sentaient bien « quelque chose » par là-haut, comme un flot d'inspiration, une coulée musicale, des « intuitions », des régions de révélation et de lumière vivante.

D'un côté on a défini le bon qui vient de « Dieu », puis on a défini le mal qui vient du « Diable », on a tout baptisé, apprivoisé, à coup d'équation, de gréco-latin, et d'eau bénite, d'un autre côté on a fait des dictionnaires, des livres scientifiques, créé l'univers économique, la science politique et géopolitique et ainsi de suite. Dans ces deux mondes, qu'il soit spirituel ou scientifique, on allait là-dedans plus ou moins rassuré – avec un « MAIS » tout de même. On ne se sentait jamais vraiment sûr ni d'un côté, ni d'un autre.

L'Esprit et la Matière, comme deux conjoints malheureux, incapables de s'entendre, incapables de se séparer, comme deux piliers d'un pont planté de chaque côté du même ravin ! Ce ravin sera couvert par une passerelle qui prendra appui sur les deux piliers antagonistes et le ravin sera comblé par une nouvelle Matière. La division entre matérialiste et spiritualiste n'est pas au sommet de la pensée consciente des hommes, mais dans la cellule. Ce n'est pas une division métaphysique, c'est une division physique. C'est là le fossé et quand il sera comblé par la nouvelle Matière, il n'y aura plus de matérialisme, ni de spiritualisme, il y aura autre chose. Il n'y aura plus de Matière comme nous le comprenions, ni d'Esprit comme nous le saisissions, mais autre chose. Il y aura une UNITE, mais pas un « UN » sur les sommets de la pensée, il y aura une Unité corporelle, cellulaire, physiologique et universelle. Un autre monde et pourtant le même.

Tout est pareil et tout est changé, le surnaturel est un naturel que nous n'avons pas encore atteint ou pas encore compris, ou dont nous n'avons pas encore conquis le moyen, disait Sri Aurobindo.

Il n'y a pas de surnaturel : il y a des naturels successifs. Le travail des ouvriers de lumière sera que le surnaturel devienne naturel, et quand celui-ci sera arrivé au stade « naturel », une fois de plus, ce sera comme l'air que l'on respire et une fois de plus nous dirons : mais où est le Divin dans tout cela ?

Notre mental a pris la place de notre conscience car, ce dernier interprète d'une façon séquentielle et divisée. Celui-ci voit les choses, une après l'autre et d'une manière divisée, pour lui ce sont des lignes, des courbes, des formes ou des phénomènes comme l'universalisation, la personnalisation, l'harmonie, le temps vertical (temps réel ou présent) ou le temps horizontal (passé et futur), ou des directions comme la gauche, la droite, le haut, le bas et ainsi de suite, tout cela c'est la loi du mental, il faut dire, voir, écouter, toucher et comprendre chaque chose, une après l'autre.

Une fois arrivée à ce nouveau stade « naturel », notre regard, notre perception, notre écoute auront changé. La matière ne sera plus matière, elle ne sera que conscience, cela est incompréhensible pour le mental. Quand on sortira de la cage, on ne verra plus la même matière, elle sera différente, elle ne sera plus fragmentée, la vision sera celle de l'ensemble et, elle sera bien différente de celle vue par les personnes qui sont encore dans leur cage.