Fragmentation et retour à l'intégration

Pour nous humain, la dimension subtile et irrationnelle, la partie droite du chandelier, le « Monde Créateur » (l'incréé) que nous définissons selon nos différentes cultures, comme Dieu, Archanges, Anges, Maîtres, etc. nous paraissent comme des castes, une hiérarchie, et semble être divisées. Nous ne pouvons pas réaliser ou comprendre, par notre mental l'Unité où chaque branche cache la même huile, qui alimente le feu, et que chacune pour sa part contribue à porter sa Lumière.

Il en est de même dans notre dimension palpable, visible, audible et compréhensible, pour la partie gauche du chandelier, le « Monde créé ». Il n'a pas l'expression d'un entier, il y a le monde minéral, végétal, animal et même ces différentes classes d'entités sont encore divisées. Comme dans la partie droite du chandelier, chaque branche est alimentée par la même huile, qui alimente le feu pour contribuer à la Lumière.

Normalement ce qui est « En bas » devrait être une réplique de ce qu'il y a « En haut », donc ce qui est à droite du chandelier, est aussi à gauche.

En évidence, chaque branche du chandelier, celles de gauche comme celles de droite sont alimentées par le même fluide, l'huile qui permet de donner de la lumière. Ce carburant que nous appelons énergie, prana, esprit ou autres, circule naturellement, subtilement, invisiblement dans chaque élément visible et invisible.

Dans notre compréhension humaine, ces deux mondes sont des éléments séparés et individualisés. La partie gauche du chandelier, la partie du monde créé, celle dont fait partie l'homme, celle où l'intellect humain a défini l'atome, en cherchant même à diviser son noyau. Il l'a fragmenté, même cassé cet « Entier » au point de transformer « l'Huile » qui y circulait en son « intérieur », en une énergie, et un rayonnement, dangereux et destructeur (le nucléaire) ! De même que l'animal-homme que nous appelons couramment humain est divisé, entre ce qui est au fond de son cœur, et ce qu'il exprime par des paroles, des gestes ou des actes. Le mensonge n'est autre qu'une division de l'individu, ce qu'il exprime est souvent différent de ce qu'il pense, l'intérieur ne correspond pas à son extérieur alors on dit : que cet individu n'est pas entier !

Pour voir une couleur particulière nous devons diviser le spectre lumière par un prisme. Car il nous est impossible de voir les couleurs de l'arc-en-ciel (les couleurs-mères) sans diviser les fréquences individuellement. Une division nous empêche de voir l'Entier et, nous croyons que le fragment est une réalité, finalement le rouge, le bleu le jaune ou le vert existent seulement du fait qu'ils font partie de l'entier qui leur a donné la vie, c'est-à-dire la fragmentation de la lumière.

Une division détruit toujours, si je pense homme ou femme, je divise, si je pense lui ou moi je divise, dès que la première personne le « Je » interviens, je divise.

Par contre quand je rassemble, quand j'unis, le « OU » disparaîtra et sera remplacé par le « ET », alors le « JE » se retrouve dans la pluralité dans le « NOUS ». Si je me retrouve dans le nous, j'inclus les polarités, le « moi » et « l'autre », le passé, le futur et je deviens le tout, le présent, le pluriel unifié, pour redevenir la première personne du présent le « JE SUIS ».

Toute unité de l'infiniment petit à l'infiniment grand, que nous réalisions comme unique, est en réalité une partie qui a sa propre identité, elle est activée par la même huile tiré du même réservoir du chandelier. Ces unités selon une sagesse peuvent par leurs polarités, se recomposer entre elles pour faire ou refaire une unité plus élaborée, elles peuvent devenir complémentaires ou dépendantes l'une de l'autre et devenir un autre élément, puis former une cellule, un autre corps et ainsi de suite.

Pour notre compréhension, le terme Dieu ou Déesse ne veut rien dire, il prend son vrai sens qu'en considérant son ensemble. Il est de même pour l'infiniment grand et l'infiniment petit. La structure de l'ensemble de la création est « Déesse ou Dieu ». Comprendre ou voir attentivement le Divin n'a de sens que, si nous pouvons ressentir au plus profond de nous-mêmes, l'union cohérente de ces fragments explosés qui paraissent divisés. Ce ressenti n'est pas d'ordre mental et intellectuel, ce n'est pas du savoir, ce n'est pas de la compréhension, ce ressenti est calme et profond, il se délecte de la vie de chaque fragment explosé réunifié que ce soit dans l'infiniment grand ou dans l'infiniment petit.

Cette union ou réunion de fragments éclaté est « Déesse », le ressenti de cette réunion est AMOUR, ce ressenti est pénétrant, aucun mot ne peut le décrire, il est uniquement accessible dans la paix, le calme, dans l'indivision, dans l'unité avec nous-mêmes, dans l'unité du créé et l'incréé.

Tout ce qui divise et sépare n'est pas Divin, tout ce qui réunit est Divin. Tout ce qui nous sépare sera rassemblé dans la sagesse de Celui qui connaît et qui est connu.

Dans la représentation du Yin nous trouvons un point Yang, comme dans le Yang il y a un point Yin. Nous pouvons en déduire que dans les contraires il y a toujours une partie de son propre contraire.

Prisme

Au niveau de la fragmentation, le mental découpe les éléments qu'il oppose les uns aux autres. Le niveau du supra mental relie tout dans un seul faisceau qui est unitaire et universel par exclusion des autres angles ou par annexion. Ce niveau n'oppose rien, c'est une rondeur de vue. Les choses ne seront plus « entourées » par une jungle de faits et de phénomènes. Le supra mental n'opposera pas une vérité à une autre vérité, mais il complétera une vérité par une autre vérité. Dans la Lumière du supra mental toutes les vérités ne seront que des aspects. Cette vision est grande ouverte pour pouvoir contenir ses propres contraires.

A ce niveau tout est rond, c'est toujours oui et non en même temps. Les deux pôles sont constamment enjambés par la passerelle qui représente une autre dimension. Je suis toujours sur un pilier et sur son pilier contraire, je suis partout ici et ailleurs, totalement dedans et totalement dehors, totalement dans ce monde et totalement hors du monde, je peux être entièrement silence tout en étant dans le vacarme.

Dans une méditation profonde au milieu des problèmes, entouré de vacarme et même de souffrance, il suffit de faire un pas dans sa conscience, juste un petit mouvement de retrait, et l'on entre dans une étendue de silence, le vacarme est là, la souffrance aussi, mais après avoir franchi le seuil, on est dehors et dedans à mille lieues et plus rien n'a d'importance. On peut alors s'apercevoir que ce silence n'est pas seulement au-dedans de soi, mais il est partout, c'est alors une onde de velours venant de l'univers qui nous inonde et nous enveloppe. Cette expérience qu'il est possible d'atteindre en méditation, n'est autre qu'une excursion dans la dimension qui nous attend.

Toutefois cette expérience méditative devrait devenir pour l'humain une chose naturelle, c'est-à-dire que cela devrait être possible en plein milieu des activités les plus absorbantes, dans la rue, quand on discute, quand on travaille. Chaque contradiction se solderait par un sourire, sans confrontation, sans jugement. Un point de vue en vaut un autre, le tout est confondu, l'un ne peut prévaloir l'autre, l'un ne peut pas être prisonnier de son contraire. Le royaume de Dieu est de ce monde tout en n'étant pas de ce monde, c'est une dimension où se trouve l'Esprit de Vérité, que le monde ne peut pas recevoir par le devoir ou le sacrifice. Cette dimension est accessible à celui qui travaille sur soi, dans la conviction d'être aimé par celui qui habite en lui – le Divin. Le secret, c'est de réunir l'antagonisme, le fini dans l'infini, l'intemporel dans le temporel.

La nouvelle conscience ou supra conscience répète la Lumière blanche, tranquille et unique, qui pour un temps et hors du temps, voulait se faire voir temporellement dans une dualité de couleurs, de points de vue, qui ne cesse pas d'être UNE et ronde. L'évolution vers cette dimension, n'a d'autre but que de retrouver « tout en bas » la totalité « d'en haut », et de découvrir sur cette terre, au milieu de nos difficultés et contradictions, l'Unité suprême, la Joie, l'Amour. C'est pour cette raison que nous sommes tirés vers le bas, chaque fois que nous faisons un pas vers le haut.

C'est ici le signe de l'alliance que j'établis entre moi et vous et tous les êtres vivants qui sont avec vous pour les générations à toujours ; j'ai placé mon arc dans les nues et il servira de signe d'alliance entre moi et la terre. Quand j'aurai rassemblé des nuages au-dessus de la terre, l'arc apparaîtra dans les nues, et je me souviendrai de l'alliance entre moi et vous (Genèse 9). La Lumière que l'homme verra divisée par sa dualité sera à nouveau intégrée, le bas sera comme le haut, ce sera ce que nous étions toujours, le « Je SUIS ».

A ce moment je serai la branche du milieu du chandelier celle de l'Humain à devenir. Ce devenir sera sans contradiction, sans combat et sans dualité entre l'Aleph le « UN » et le Beth le « DEUX ». Ce sera la compréhension pleine et entière qu'est en « SUIS » que le « DEUX » s'actualise comme existence au sein de « L'ÊTRE ». Le « DEUX » est l'outil primordial qui permettra à l'univers de créer et de se renouveler à chaque instant. Sans, la partie gauche du chandelier, le monde créé, il n'y aurait pas de manifestation.

Le « SUIS » de l'Aleph est statique, il ne fait rien, ne regarde rien, il est silencieux et paraît absent, il est seulement l'arrière plan qui a rendu le tout possible, il est l'huile, l'énergie. Rappelons-nous du début du livre, il est écrit que dans le « UN », l'Aleph première lettre de l'alphabet hébraïque, caractère représentant le Divin, il y avait l'image de la dualité – le Jod la « Main » (l'action) du haut et celle du bas, et qu'il appartenait au Waw le « Clou » (le signe de l'homme) de séparer en rassemblant (paradoxe) !

Le « SUIS » par le « JE » c'est l'action qui sépare en réunissant, cela est confié à l'Humain (le Clou) celui qui mettra fin à la perception du monde « subjectif » pour percevoir le monde tel qu'il est objectivement.