Le Choix le face à face avec Dieu

Tous les esprits ont été conçus égaux et unis au Divin. Leurs différences résultent de l'usage plus ou moins relatif du libre-arbitre, qui leur a été donné avec l'Amour divin. Certains esprits eurent donc le désir de s'incarner, sur une représentation qui leur correspondait mieux, sur un plan moins subtil donc plus matérialisé. Par la densification de l'énergie originelle, où le pur esprit prend corps, devenant ainsi plus « lourd », il se matérialisa en devenant matière solide. L'homme s'incarna dans la chair et exerça son choix à bon escient. Dans cette phase de descente ou de « chute », l'esprit pur quitte l'univers de l'unité dans laquelle il fut créé, univers de « non-séparation », univers de « non-discrimination » pour endosser la dualité en ayant mangé de l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Très vite l'homme découvrit qu'il était nu, et pour cacher sa nudité se fit une ceinture avec des feuilles de figuiers. L'homme se trouva par là, en face à face avec lui-même, en face à face avec ce qui l'entoure, en face à face avec son Divin, donc dissocié de son univers de « non-séparation » où il fut créé, il se trouve maintenant dans la dualité.

Dieu créa l'univers et tout ce qui l'entoure à son image totalement libre. L'humain, ainsi entièrement libre, a choisi de s'incarner sur un plan qui lui semble plus mesuré, dans lequel apparemment il est individuel, et semble pouvoir, en convenance, « jouer des rôles de soliste » toutefois en endossant les aléas de la dualité. L'ego humain peut se sentir souverain vu qu'il a reçu par le Divin la notion du libre-arbitre avec l'Amour divin et devrait être en mesure de répliquer ce qu'il avait vu et vécu avant sa « descente », mais le problème réside dans le fait qu'il doit admettre qu'il est divisé et doit redécouvrir la notion de l'unité.

Pour arriver au bout avec notre dualité, nous devons réaliser que malgré nos croyances et nos cultures différentes, nous sommes étroitement liés voir reliés les uns aux autres. Les humains du monde entier sans distinction de race, sans distinction de couleurs, sans distinction d'éducation ou de connaissances, sans distinction de « homme bon » ou « homme mal », sont à l'image de ce qui est « issu d'en haut », et se retrouvent maintenant ici-bas, avec la différence que nous avons affaire avec la dualité qui nous sépare et par elle, nous pensons pouvoir donner des valeurs.

Nous reprenons, le symbole du chandelier entier, qui démontre que les sept branches (Monde créateur et Monde Créé) sont d'une seule et même pièce, et que l'huile, son combustible, puisée du même réservoir, alimente le feu de la vie au bout des sept calices physiquement séparés. Ce carburant circule occulté en permanence jour et nuit, selon l'ordre de l'Eternel donné à Moïse, ce candélabre ne devra jamais manquer d'huile. Autrement dit que ce soit le règne minéral, végétal, animal, humain ou le règne du « Monde Créateur » ou divin, le carburant qui permet de brûler le feu de la vie est le même et sera toujours présent dans chaque branche ou dans chaque règne nommé ci-dessus.

Par là, nous pouvons mieux comprendre l'intégration, où toute la création se trouve unie, et nous êtres humains, au sommet de ce « Monde Créé » devront réaliser la Parole du Christ quand il disait  : "En ce jour-là, vous connaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et que je suis en vous." (Jean XIV v20)

Le feu de vie où simplement son étincelle se trouve dans chaque élément, dans chaque règne, du plus densifié comme le minéral, au moins compact qui serait celui de l'animal dont l'humain actuel fait partie dans son contexte d'évolution.

Dans ce contexte, selon leur degré d'évolution, toutes créatures s'orienteront tôt ou tard vers le Divin, car « en toute âme se trouve, le sens spirituel et l'image de son Créateur ». Nos agissements, nos actions, comme celles de la main qui pince entre le pouce et les doigts, ce "Entre ", ce pont, nous conduit à la dernière lettre du chemin, à la lettre hébraïque, le « TAW » représentant le « signe » qui en sorte est une fin mais aussi une résurrection. En ce lieu se trouve la fin de la dualité pour revenir à l'unité. L'être débouche sur un vide, un néant, il se retire dans le caché et termine le cheminement du « devenir ».

Si un être ne fait pas le choix de l'Amour, il régresse, son âme se sépare et va dans son lieu d'attente pour une éventuelle autre réincarnation, quant à son corps, il se décompose peu à peu, pour retourner en substance au sein du Père dans son règne inférieur végétal (champignon) et minéral (poussière) qui eux aussi font partie du chandelier alimenté par la même huile. Par contre l'être, qui choisit l'évolution, finira par comprendre que la liberté se trouve dans le choix d'aimer, qui dit union, (aimez-vous les uns les autres), et tout autre choix serait celui de l'aliénation. Le choix de l'évolution, le conduira à la stature de l'homme parfait, à l'image de Dieu, comme Jésus-Christ le « "Entre" » faisant la synthèse, le joint entre le « Monde du haut » et le « Monde du bas ».

La branche quatre du chandelier est celle du « Devenir ». Elle portera en elle la totale divinité de la partie droite du chandelier c'est-à-dire le « Monde Créateur » en transcendant la partie gauche le « Monde Créé ». C'est au travers de cette « branche quatre » que le Divin règnera dans sa Création en se reposant le septième jour, qui représente la réunification de tous les règnes que le Créateur a créé, toujours à l'image du chandelier, qui brillera dans le saint des saints dans sa nouvelle Jérusalem.

Le face-à-face avec l'Origine (Dieu)

Dans le Nouveau Testament l'évangile de Jean commence par un Prologue qui dit ceci :Au commencement était la Parole et la Parole était avec Dieu et la Parole était Dieu.Dans l'Ancien Testament la Bible hébraïque de la Thora dit en traduction vulgaire :Au commencement, créa Dieu le ciel et la Terre

Les premiers mots du célèbre prologue du quatrième Evangile sont :Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu

Le concept de Verbe (Logos) est dérivé des idées du philosophe juif néo-platonicien, Philon d'Alexandrie, contemporain de Jésus Christ. Mais dans la version de Jean, le Verbe semble explicitement féminin.

Je réitère, certes, Logos est un mot masculin mais paradoxalement le concept décrit semble lui, féminin. La traduction d'aujourd'hui « .....Et le Verbe était avec Dieu... » altère radicalement le sens original – et en supprime les implications embarrassantes. Les termes grecs sont « pro ron theon », qui se traduisent littéralement par « aller vers Dieu » et suggèrent la démarche d'un homme cherchant l'unité avec la femme.

Comme le dit George Witterschein :(...) Nous pourrions même employer le terme érotique pour décrire un désir d'unité visant à supprimer la séparation. La clé de tout cela (...) était l'attraction entre homme et femme, qui fait écho à (...) l'attraction entre le Verbe et Dieu

Au commencement était le Verbe, et le Verbe était tourné vers Dieu, et Dieu était ce qu'était le Verbe. Il était avec Dieu au commencement. (Voir George Witterschein, Introduction à Gaus. The Unvarnished New Testament pp15-16 et 171).

Ainsi le Verbe est une force distincte de Dieu. On considère généralement que le Verbe et le Saint-Esprit ne font qu'un, or un terme original désignant ce dernier, est féminin sans ambiguïté. Il s'agit donc de Sophia le côté Dieu-Mère.

Le concept de ce prologue de Saint Jean n'a rien de juif. Karl Luckert anthropologue et professeur d'histoire des religions, auteur d'une importante étude sur la religion égyptienne écrit :(....) dans toute la littérature religieuse de la période dite hellénistique, il n'existe pas de meilleur résumé de l'ancienne théologie égyptienne orthodoxe que le prologue à l'Evangile de Jean

Pour les connaisseurs de la Kabbale et de la gématrie, la rétroversion hébraïque du Prologue de l'évangile de Jean et son équivalence gématrique du premier verset de la Genèse dans l'Ancien Testament de la Bible, met en résonance la même valeur numérique. Cette équivalence dont le calcul porte sur plusieurs dizaines de lettres dont 28 pour le premier verset du premier chapitre de l'Ancien Testament, et 55 dans le prologue de l'évangile de Jean du Nouveau Testament, soit au total 83 symboles graphiques chiffrés, met en équivalence les mêmes valeurs (soit la valeur 2701) qui n'est donc en rien un effet du hasard ou d'une coïncidence. De même la somme arithmétique des initiales de tous les mots de ce début du Prologue de Jean a la valeur de 111 (trois fois le UN) et est équivalente à la somme des rangs de finales de tous les mots de la Genèse chapitre un verset un. 

Dans la traduction du Nouveau Testament transcrite pour notre temps par Alfred KUEN, nous pouvons lire au premier verset du prologue de Jean : « Aux origines avant que rien n'existât, le Fils, expression de Dieu, était là. Il était face à face avec Dieu, étant lui même Dieu ». Retenons le terme « face à face » avec Dieu, tourné vers Lui, uni à Lui, il était son vis-à-vis, son répondant. Souvent on traduit : le Logos est avec Dieu ou le Logos est auprès de Dieu, mais la traduction exacte du grec de « Kai o logos èn pros ton théon » est « le Logos est vers Dieu », le mot « pros » indique un mouvement, une orientation, être tourné vers quelqu'un. Le Logos est tourné vers Dieu.

Le Logos est le reflet du Père dans le Fils, Dieu (le « LUI »), est le Père. Le mouvement du Fils vers le Père est le « ENTRE » l'Esprit Saint. Cette relation trinitaire ne brise pas l'Unité du UN. Cette union n'est pas statique elle est dynamique. Dieu est un pôle et le Fils c'est l'autre pôle, et entre l'union des deux pôles se trouve la vie, se trouve l'Amour. Comme entre une femme et un homme l'union, le mouvement, la relation, donnent la Vie. Toute la Création trouve son origine dans cette relation, cette relation nous fait exister. Toute vie perdure aussi longtemps qu'elle est orientée vers le Père. Le Père n'est pas une représentation que notre intellect peut assimiler à une image, notre intellect doit comprendre le « Père » en tant que « fondement – l'origine et l'impulsion ».

Selon Jean Yves Leloup, « Être fils » c'est entretenir une relation d'intimité avec ce qui sans cesse nous fonde et nous « origine ». Cette relation est « pneumatique » spirituelle - le Pneuma, l'Esprit Saint, voulant dire littéralement : haleine, le « souffle » la relation de Présence-à-présence, présence du souffle humain au Souffle qui anime « tout ce qui vit et respire ».

Être tourné vers Dieu, c'est être en chemin vers la transparence de l'œil et de la lumière. Le logos est tourné vers le théos, cela veut dire que l'Être et l'Intelligence qui sont en nous, sont orientés, en mouvement, en marche, vers la Pure Lumière. Le fleuve ne fait qu'Un avec la source d'où il vient, ils ne sont pas séparés, ils ne sont pas confondus ou mélangés, ils sont UN, c'est la révélation de l'Amour. « Le logos est VERS Dieu. Le Logos est Dieu. » Celui qui aime s'avance dans la proximité de cette révélation, car celui qui aime, aime l'autre dans sa différence et le perçoit dans son unité avec lui. Celui qui aime s'avance au cœur même de cette Uni-Trinité qui est le Père, le Fils et le « "Entre" » qui est l'Esprit Saint.

Pour revenir à Adam et Ève, le serpent les a séduits, les engageant à tourner le dos à la Lumière, pour se diriger vers l'arbre de la connaissance du bien et du mal.

Eux qui auparavant étaient en face à face avec l'Origine, mangeant de l'Arbre de la Vie, se sont laissés berner en mangeant à l'arbre de la dualité. Le doute les détourna du Père alors qu'ils étaient encore Logos à ce moment là. Il aurait fallu répondre au serpent quand celui-ci leur disait : « Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s'ouvriront et vous serez comme des dieux connaissant le bien et le mal », (Genèse III, v5), arrière de moi Satan nous sommes Dieu, à l'image de Jésus-Christ lors de la tentation où il répondit « Tu ne tenteras point le Seigneur, ton Dieu » Mathieu IV. v7.

Dès que, l'homme à l'image de nos ancêtres a douté être Dieu, ce doute a ouvert la porte à un autre doute, puis encore à un autre doute. Sitôt que nous doutons de la vérité, nous commençons à croire à des mensonges et vite nous croyons tellement de mensonges que nous ne distinguons plus la vérité, et ainsi nous perdons notre rêve de paradis.

Le Logos, Alliance de l'Être et du non-être, du « Je Suis » et « je ne suis pas » est rompu. Le « non-être » est coupé du « "Entre" » qui est le Saint-Esprit, l'esprit de l'homme (le noŭs) n'étant plus tourné vers l'Esprit de Dieu (Pneuma) se tourne alors vers l'âme (psyché) qui l'entraîne dans ses passions (pathé, « pathologies). L'âme se tourne à son tour vers le corps (soma) et devient esclave des instincts de ce dernier. Le corps, n'ayant plus rien vers qui ou quoi se tourner, retourne au néant, ce qui était composé sera décomposé.

Le doute fait partie de la dualité, il permet de l'utiliser dans les deux sens aussi bien pour aller vers le bas, ou vers le haut. Dans un cas comme dans l'autre, le doute ouvre ou ferme la porte qui permet aux symboles de prendre possession de nous.

Quand nous doutons de nous-mêmes, quand nous doutons de la vérité, tout l'Arbre de la Connaissance – toute cette mythologie de croyance qui contrôle notre attention depuis notre naissance - s'empare à nouveau de nous. La voix de la connaissance recommence à nous posséder et, nous nous mettons alors à éprouver des sentiments d'injustice, de jalousie et de colère, tous ces symboles accompagnent la connaissance.

Comme le doute permet également d'aller « vers le haut » c'est l'outil que nous utilisons pour recouvrer notre foi, pour soustraire notre pouvoir à tous les mensonges et les superstitions auxquels nous croyons. Le doute nous a séparés du face-à-face avec Dieu, et bien la réunification à ce que nous étions et à ce que nous sommes encore et toujours, ce sera par le doute !

Le Père se réjouit du retour de son Fils. Quand le Fils tourne le dos aux mensonges et à ses illusions, il se met en face-à-face avec la Lumière, son esprit (le noŭs) est tourné vers le (Pneuma) qui écoute et voit les informations que le souffle lui communique. Cet esprit oriente et éclaire le psychisme, celui-ci transmet sa lumière au corps, le vivifie et le pacifie. L'être humain est tout entier « tourné » vers l'Être incréé ou divin. Il devient Anthropos ou « Théanthrope ». Il assumera librement toutes les potentialités inscrites dans ses gènes et les ouvertures de son humanité.

Le souffle de Dieu, le PNEUMA, l'homme tourné vers Dieu est un face à face, les deux visages sont tournés l'un vers l'autre, les yeux dans les yeux, la bouche contre la bouche. L'humain crée à l'image de Dieu quand il se sent attiré par la polarité opposée, le premier pas qu'il fera c'est de se mettre face à face avec son partenaire, les yeux dans les yeux (donc les deux à la même hauteur) nez contre nez et bouche contre bouche et ainsi ils échangent leurs souffles. L'un des pôles expire (donne) et l'autre inspire (reçoit), puis le mouvement du souffle est alterné, l'un devient positif et l'autre négatif ou actif et passif. Il y a échange de souffle ce que l'un expire, l'autre l'inspire, ce qui vient de l'intérieur du premier est inspiré par le second qui le reçoit dans son intérieur.

Ce symbole de l'échange est très fort, chacun à son tour devient « donneur et receveur », le Divin, la Vie est à ce niveau, Dieu n'est pas au-dessus ni en-dessous, Dieu est « en dedans », en dedans de chaque cellule, de chaque atome. Exprimer cette vie du « dedans » au travers du souffle que l'autre reçoit et qu'il assimile à sa vie « du-dedans » est amour. Chacune des deux parties alternera leurs échanges et sera ainsi unifiée. L'échange c'est le « Pont », dans le temps, c'est un instant très court, dans l'absolu (en dehors du temps) c'est l'éternité.

L'échange du souffle n'est que le prélude des actes plus significatifs qui s'ensuivront comme le baiser, l'acte sexuel qui conduira à intégrer les deux semences pour donner une vie nouvelle, la dissolution des deux pôles dans l'élément nouveau.

Le souffle de l'Esprit se présente, quand je reconnais le Divin en moi et quand je reconnais le Divin dans mon prochain, qui lui aussi a reconnu le Divin en lui, alors j'aurai rencontré le « LUI » dans sa Divinité, chacun portera alors sur lui la LUMIERE réfléchie du Créateur. Réaliser le Divin en soi et réaliser le Divin dans l'autre, qui lui aussi a réalisé le Divin en lui, le « moi » et le « toi » (les égos) qui ne sont qu'illusion disparaîtront. Il ne restera que le Divin, une nouvelle conscience, celle de la « cellule-mère » qui par sa mémoire révèlera ce que nous « sommes » et de « qui » nous sommes.

L'acte sexuel sans l'échange de ce souffle sera seulement une extase de sens, il sera vide de l'essentiel, vide de la reconnaissance du « Qui » en moi et du « Qui » en lui. Le manquement de cette reconnaissance donnera vie à des entités dépourvues de l'essentiel. Dans l'Evangile de Jean 17v26, le Christ nous a fait connaître le « Qui » en nous, le « Qui » en Lui, n'aurait-il pas dit : « Je leur ai fait connaître ton nom, et je le leur ferai connaître, afin que l'amour dont tu m'as aimé soit en eux, et que je sois en eux ».

Toutes religions, toutes races, tous humains confondus, reconnaissant le Divin en soi et le Divin en son prochain, est Fils de Dieu. Il portera les fruits de l'amour, la joie, la paix, la tolérance, la patience, la bonté et la tempérance, à ces fruits tu reconnaîtras dans le monde ceux qui sont les Fils du Très Haut. Ainsi toutes religions, rites ou croyances sont bonnes, si la loi de la reconnaissance du Divin dans l'homme qu'il côtoie est respectée.

Le monde de demain se construira sur la base de la reconnaissance du Divin en Soi et dans l'Autre. En dehors de ce fondement, l'édifice du monde à venir sera malheureusement qu'une reconstruction vouée à l'échec.