La Psyché (l’âme) et le Pneuma (le souffle)

psycheNous nous référons à une autre découverte de manuscrit de Nag Hammadi, l’évangile de Marie (Myriam de Magdala), précieux écrit du christianisme primitif, daté aux environs de l’an 150. Cet écrit nous transmet des renseignements qu’elle aurait reçus en vision. Il s’agirait donc bien, comme les autres Evangiles, d’un des textes fondateurs ou primitifs du christianisme.

Extrait :

Alors, je lui dis :
Seigneur, dans l’instant, celui qui contemple Ton apparition, est-ce par la psyché (l’âme) qu’il voit ? Ou par le Pneuma (l’Esprit, Souffle) ?
L’Enseigneur répondit :
Ni par la psyché ni par le Pneuma ; Mais le noõus étant “Entre” les deux, c’est lui qui voit et c’est lui qui […].Myriam de Magdala posait la question à son Maître ressuscité comment est-ce possible de te voir ? Avec quels yeux ? Est-ce psychique (avec ma psyché que je te vois) ? Est-ce spirituel (avec mon Pneuma que je te vois) ? Ce n’est ni par la psyché ni par le Pneuma, que lui répond son Maître mais par le « ”Entre” les deux » c’est lui qui voit et c’est lui qui [… le texte manque …].

(les pages 11-14 manquent)

Cette apparition du Christ ressuscité à Myriam de Magdala n’est ni d’ordre psychique ni d’ordre spirituel, elle n’est ni naturelle ni surnaturelle, cette vision nous oblige à ne plus fonctionner seulement en « binaire » ou en « dualité », selon les habitudes de penser restreintes de notre cerveau. Il y aurait un « troisième terme » excluant notre dualisme qui voit. Ce serait le « ”Entre” deux » qui voit, qui sent, qui sait, qui connaît, qui aime.

Comme le relate Jean-Yves Leloup en commentant l’évangile de Marie, il est probable que l’Evangile de Marie se situe dans la dernière anthropologie. Elle assume l’héritage grec, platonicien et néoplatonicien (l’homme : corps-âme-esprit) et l’héritage sémitique, qui considère le Pneuma (rouah, en hébreux) comme le Souffle sacré, ou l’Esprit saint qui donne au composé humain sa cohésion et sa vie.