L’Homme en devenir

homme_devenirL’homme en devenir est un chaînon de l’évolution. Il y a dans l'évolution humaine un degré qui précède immédiatement le but vers où tend l'effort humain, et une fois ce degré franchi, l'homme en tant que tel est au bout de sa tâche. Il est devenu parfait, son cheminement humain est achevé.

Cet Humain arrivé au bout de sa tâche, symbolise l’homme devenu parfait. Il n’appartient à aucune religion, il ne fait point partie d’une nation seule. Il n’est point emprisonné dans les formes d’une foi particulière, pourtant toutes les religions Le proclament. Il est l’idéal auquel toutes les croyances aspirent en projetant leurs lumières dans le but de conduire l’humain à Lui.

Cet Humain libéré des limitations et de l’esclavage, meurt à l’état animal et prend conscience de lui-même en tant que vie plutôt qu’en tant que forme.

Bien sûr, la forme que nous connaissons, la matière dans le contexte espace et temps, est constituée par une sorte de contraire voire d’opposition engendré par la dualité. La dualité est comprise entre deux pôles adversaires qui sont comme des « limites » marquant un début et une fin ou un départ et une arrivée.

Dans le « Entre » de ces deux pôles se trouvent l’espace le temps ou la matière. Ce « “Entre” » est souvent appelé « illusion » car en fait il existe uniquement dans le temps et l’espace qui n’est existant que par la dualité.

Ces extrémités sont des abstractions qui délimitent le terrain, l’une marque l’incitation (le conduire dans) l’induction, qui peut être un début ou un départ, la deuxième marque la fin, le résultat, le but ou l’arrivée. Entre ces deux, se trouve la réalisation, le concret qui peut être perçu par les sens. Entre ces deux pôles il y a des tensions, des attirances et des refoulements. Dans l’exemple d’une course il y a le pôle du départ qui induit le coureur dans la course, son but c’est l’arrivée son deuxième pôle, puis entre les deux se trouve la distance (l’espace), où se développe le mouvement, la réalisation. Pour le coureur c’est le « ”Entre” » de ces deux pôles qui est important, là se trouve le développement qui sera ressenti physiquement par le sprinter. Vu par le compétiteur il y a deux pôles qui définissent son parcours. L’un deux, le départ représentera la tension, le stress, la contrainte, la concentration, par contre l’arrivée sera la libération, le relâchement, la détente, le repos. Vu par le sportif un des pôles aura une connotation positive et l’autre négative.

Toujours dans l’exemple de la course, nous pouvons définir trois éléments différents le premier élément serait le départ, le deuxième élément serait la course (le “Entre”) et finalement le troisième élément sera l’arrivée.

Quelques exemples de ces trois éléments dans leurs contextes :

Pôle 1 Pôle 2 Parcours (le ENTRE)
Naissance Mort La vie de l’entité
Matin Soir Le jour
Soir Matin La nuit
Sombre Clair Développement de la lumière
Mauvais Bon Développement en positif
Bon Mauvais Développement en négatif
Le plus électrique Le moins électrique Le courant électrique
Tout Rien Valeur selon le sens attribué, négatif
Rien Tout Valeur selon le sens attribué, positif
Noir Blanc Couleur du plus sombre au plus clair
Tellurique Cosmique Interaction (Unité de vie)
Masculin Féminin Sexualité (Unité de vie)
Père Mère Enfant (Unité de vie)
Ange noir Ange blanc Divinité (Unité de vie abstraite)
Diable Dieu Divinité absolue (Unité de vie abstraite)

Quelques exemples de ces trois éléments dans leurs contextes :

L’unité (de vie) se divise en deux pôles créant la dualité et génère ainsi un « “Entre” » le chemin, ou un pont entre les deux extrémités. Par la dualité l’expression immatérielle est devenue matérielle, l’inconnaissable est devenu connaissable. Le « “Entre” » est le pont entre le monde créateur et le monde créé, il permet de revenir à l’unité.

De l’unité à la dualité

Lettre_hbrai-1L’alphabet hébraïque comprend 22 caractères (d’origine) l’ensemble de ces caractères représente le cheminement de l’humain, ce sont les principes du modèle de la réalisation de l’homme. La première lettre représente la valeur UN et est appelé en hébreux « Aleph » qui veut dire tête de bœuf.

L’Aleph

Cette lettre Aleph n’a aucune sonorité, elle prend uniquement sa résonance en association avec une autre lettre parmi celles des 21 caractères de l’alphabet, ainsi elle devient un vocable exprimable. Cet Aleph ce premier caractère n’a rien d’éloquent non plus, sa force, sa vocation ne se trouve pas en lui-même, mais en cheminant de lui et par lui à la dernière lettre qui est le « Taw » ce symbole, il symbolise la valeur 400, la réalisation dans le visible, l’écoute du son audible, le concret arrivé à son terme.

La lettre Aleph qui représente la valeur « UNE » est indivisible et c’est seulement à partir de la 2e lettre, la lettre « Beth » qui représente la valeur 2 qui veut dire « maison », que commence la dualité, l’environnement dans lequel nous vivons, le monde visible et rationnel, le monde des formes, l’espace de la compréhension, notre univers.

Le Beth

La lettre « Beth » marquant, dans le modèle de la réalisation de l’homme, le début de la dualité représente sa maison. Elle se caractérise par des marques de limites comme en dedans de la maison ou en dehors de la maison. Ces murs de délimitation nous protègent de l’extérieur et l’on s’enferme derrière ces murs quand une agression venant de l’extérieur nous menace. Ainsi tout notre univers est une maison, l’homme vit dans cette demeure, elle délimite l’espace et le temps, elle rationalise l’irrationnel, fixe l’infini, concrétise l’abstrait, tout ce que nous pensons et représentons forme notre maison.

Dans cette maison, l’humain vit son indépendance, toutefois il est prisonnier, il ne peut traverser les murs de sa maison. Par contre sa maison lui donne la possibilité de s’identifier à lui-même, se reconnaître par ses pensées, se réaliser par son entendement, exister dans l’espace et le temps, mais le prive également de « l’extérieur ». Ainsi sa maison est une protection pour lui mais aussi sa prison ! Par exemple notre entendement est notre maison, elle reconnaît son rationnel, mais refuse tout raisonnement en dehors de sa compréhension.

La lettre « Gimel » le « trois » qui veut dire chameau et représente le véhicule du désert pour nous conduire à la lettre suivante qui est la lettre « Daleth » qui veut dire porte donc la sortie de la maison ou de notre prison.

Le Daleth

Il est intéressant de lire le nombre de fois où le Christ s’identifie à la porte comme dans l’évangile de Jean 10 v7à 9 « En vérité, en vérité, je vous le dis, je suis la « porte » des brebis […] Je suis la « porte », si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé […] ». Ainsi chaque lettre montre un cheminement spirituel.

Toutes les lettres après la lettre l’Aleph, sont divisibles et elles sont composées par addition entre elles et ainsi elles définissent le chemin de la dualité. La lettre Aleph le « UN » se trouve dans toutes les autres lettres, par exemple : deux = 1 + 1, trois = 1 + 2, quatre = 2 + 2, neuf = 8 + 1, 10 = 9 + 1 et ainsi de suite pour aboutir finalement à la dernière lettre le « TAW » valeur 400 qui représente la fin dans l’octave concrète et rationnelle.

Il est important de retenir qu’entre une lettre et une autre lettre, il y a toujours un « “Entre” » un vide. Ce vide qu’il va falloir combler n’est pas un « Rien », mais un produit de la dualité, réalité que nous traiterons dans les chapitres qui suivent.

En ce qui concerne les vingt et une lettres suivantes, il en sera de même. Ainsi en dehors de la lettre » Aleph (le UN) toutes les autres lettres de l’alphabet qui représentent des valeurs comme 2 – 3 jusqu'à 10 - 20 – 30 - 40 jusqu'à 90 et puis 100 – 200 – 300 et 400 sont des lettres composées ou divisibles et elles représentent la dualité.

Le développement ou le « Devenir » est le chemin jusqu’au 400 le « Taw » qui représente le « Signe ». Cependant arrivé au 400 celui-ci ne représente pas le but, mais la fin du cheminement, la mort, et aussi la résurrection. Là, où la dualité peut redevenir l’unité. L’être débouche sur un néant, il se retire dans le caché et ainsi termine le cheminement du devenir.

La valeur 500 n’existe pas dans cette réalisation ou dans cette dimension, après le 400 le cheminement passe à une octave plus haute.

Le Jod

Le symbole « Jod » qui veut dire « Main » est la dixième lettre de l’alphabet hébraïque est présente dans chacune des 22 caractères de  l’alphabet. Ce symbole est pour ainsi dire la graine pour les 21 autres symboles, l’Aleph compris.

Toute la symbolique des lettres hébraïques est à faire avec le symbole de la « Main ». Ce mystère est identique au « 1 » le pouce et au « 4 » les doigts, la main représente l’unité par le « 1 » qui est en face de la dualité, représenté par les « 4 » doigts (deux fois deux). On peut en déduire avant toutes choses qu’avant les 22 proto-symboles, même avant le « Aleph » représentant l’unité il y avait la « Main » le fondement, l’origine. L’image de la lettre « Jod » laisse apparaître l’image d’un cerveau humain. La pensée a son siège dans le cerveau, elle est abstraite et a son équivalent dans le concrèt la main, l’outil de l’action. En principe le cerveau qui pense et la main qui agit devraient être cohérents, mais ils ont la liberté d’être ce qu’ils sont et peuvent agir paradoxalement. Le paradoxe dans son ensemble  - Penser et faire, la statique et la dynamique -  peuvent se révéler contradictoires. Peut-on agir différemment du sens ? Peut-on séparer le nom et la forme ? Le chemin est large dans l’étendue infinie, les deux sens de la dualité qui s’expriment dans l’humain comme des contraires, le préservant ou le gênant à l’élan vers le changement, à reconnaître ce qu’il est, et en allant main dans la main pour aboutir à l’unité.

Revenons au cheminement des caractères qui symbolisent une parité ou dualité et le caractère de l’unité. Reprenons l’exemple de la main qui a un pouce et quatre doigts. Le pouce est unique et il est en face des 4 doigts qui différents seulement par leurs longueurs par rapport au pouce, ils sont multiples mais ensemble ils forment la main.

Par la main, nous agissons, pour coincer un objet le pouce et les doigts entrent en action. Pour permettre cette action, de concert le pouce et les doigts agissent sur l’objet. Cet agissement est un dynamisme entre le pouce (unique) et les doigts (multiples). Ce dynamisme, ce « ENTRE » se rencontre dans tout l’univers.

Le symbole  « Jod » apparaît dans l’Aleph, comme signe double. Il se manifeste là où le chemin commence, déjà distinctement il affiche dans l’unité même, la loi de l'être sur laquelle est fondée la dualité. Un non-être est allé au-devant de l'être, il a des conditions, toujours de manière cachée. L'être se base sur un non-être, mais le non-être est dépendant du premier et vice versa. Les deux conditionnent l'un et l'autre. La gauche et la droite ont besoin de l'équilibre, il y a seulement une gauche parce qu'il y a une droite et inversement.

Le symbole Aleph, comprend également un autre symbole appelé « Waw » qui veut dire crochet ou clou, ce dernier sépare ou paradoxalement unit les deux « Jod ». Le  symbole « Waw », représente la valeur "six". Le chiffre 6 est lié à l’homme, c’est le 6ème jour que l’humain fut créé c’est la forme idéale et paradisiaque avant l’état de la cassure, qui engendra la division, la dualité. Cependant cette cassure fut la préparation prédéterminée du Divin pour que le chemin de l'Unité puisse être parcouru. Le chemin entrepris est un mouvement de changement continuel de l’état de celui qui le parcoure, en partant du début avec l’Aleph, pour terminer avec le Taw qui lui aussi est double par le fait qu’il représente la mort et la résurrection. Cette cassure, cette division en deux (dualité), appelé cas de péché, préparé et voulu par le Créateur est la condition de venir ou revenir à l’Unité, c’est ainsi seulement que l’humain et la création peuvent apprendre la valeur de l’Unité d’origine.

La chute n’est pas le péché, mais la peine et le poids de l’incompréhension engendrent sa chute. Le péché est la méconnaissance de l'Unité entre le sens et l'action.

Le Waw

Le symbole « waw » représente l’humain, comme le liant le « “Entre”» et la simultanéité. La personne lie le secret à l'évident, l'invisible avec le visible, elle réunit les contraires dans sa vie. Est-ce que toute vie humaine ne tisse-t-elle pas dans un champ de tensions, où d’extrêmes tendances des forces de déchirement ou de rupture ? Malgré ces tensions, elle doit s’appliquer de toutes ses forces pour dompter cette opposition. Ainsi l’humain tire et pousse et ne parvient à aucun repos !

L’Aleph est l’Energie qui attire et repousse en même temps, ce sont deux forces d’agissement visualisées par les mains et représentant l’action. Une main manifeste, le positif, le plus, la vie, la paix, le bon ; la deuxième main déclare : le négatif, le minus, la mort, la guerre, le mauvais. Le clou, le Waw, le chiffre de l’homme, l’Entre des deux mains occulte l’unité.

Autrement dit, ce « “Entre” » (ce symbole)  serait divisé en lui-même, et avec cela incapable d’assumer le liant qu’il représente.

Comme le clou a la possibilité d’assembler en divisant, ainsi chaque personne a ses propres tensions, selon ses propres conceptions aux contraires, à cela s’ajoute le « caché » dans ses consciences qui ne perçoivent pas les admis, ou les occasions pour diriger les décisions à son sens. La personne souffre du conflit des sentiments et des mouvements et en même temps, elle aime ce qui l’incite, ce qui l’excite, ce qui la tourmente, ce qui l'angoisse, ce qui la taquine, ce qui la provoque et ainsi de suite. Dans la dualité la « maison » où nous sommes prisonnier, là se trouve une porte (Daleth, le chiffre 4) elle permet de sortir de la dualité pour nous reconduire à l’unité. Le chrétien reconnaîtra dans les évangiles que Jésus-Christ déclare être la porte.