Le Mental et le Conscient

Notre Matière « concrète » serait elle simplement le produit d'une certaine perception du temps ?

À l'exemple d'un train qui se déplace à 300km/heure, toute la rame avec ses voyageurs, se déplacera à cette vitesse, on change de temps (vitesse) et d'espace, le contenu du wagon avec ses passagers, change aussi avec tout ce qui se trouve dedans, et pourtant on est bien dans le même élément : l'élément extérieur et l'élément intérieur du wagon.

La vibration de la tonalité du son « sol » a une certaine fréquence vibratoire, le son « fa » a une autre fréquence vibratoire. La couleur rouge vibre à une certaine fréquence qui est différente de celle de la couleur bleue. Toutes choses dans l'espace fragmenté ont leur propre vibration avec une certaine fréquence, notre matière qui nous entoure est un univers de vibrations denses et basses. Dans le cadre de la dualité, la chose, (l'espace, comme l'élément minéral, végétal, animal, humain ou l'eau, le feu, la lumière) est contrainte par des lois inévitables comme celle de la pesanteur, de la durée, de la distance, de la naissance et de la mort, elles figent l'élément fragmenté.

Par contre, la loi d'une vibration élevée aura un espace toujours aussi dense, mais en dehors du temps (plus grande que la vitesse de la lumière), là, où les contraires de la dualité s'expriment ensemble, les lois de la dualité seraient abolies, car la composante temps aura la valeur zéro, et la composante espace (la chose) serait unifiée.

Quand par le mental je dis « Je suis », dans mon esprit rationnel je dis – le passé ne m'intéresse plus, et le futur ne m'intéresse pas encore, pour le moment je suis donc dans le présent, mais attention ce « je suis » nous mettra encore dans un état intellectuel donc dans le mental conscient.

Maintenant ce « Je suis », nous allons le transposer à partir de la position mentale et consciente, dans une conscience en-dehors du temps, là où le temps n'existe plus. Qu'arrivera-t-il ? En ce lieu, le moi ou la chose existe, mais le temps sera zéro. Nous serons alors en présence de deux densités une dans la basse fréquence et l'autre dans la haute fréquence, celle en-dehors du temps, celle qu'Aurobindo appelait la « Supra conscience ».

Ces deux consciences pour l'homme « éclairé » existent en parallèle, la conscience mentale à basse fréquence et la conscience supra mentale à haute fréquence. Dans cette réalité parallélisée et de simultanéité là, se trouve le passage à la réalisation de l'Humain à ou en devenir. Cet état de passage le « "Entre" » ces deux piliers de pont de réalité sera pour l'humain, pour un certain temps une passerelle assez curieuse qu'il faudra enjamber. Comme nous le disions auparavant dans ce vide temporel le malaise (mal-à-l'aise), la souffrance, la peur, le vertige seront présents. Ces phénomènes totalement, irréalistes pour le mental conscient, nous conduisent à un débardage de cellules prisonnières dans la trame du corps de la basse fréquence, et cela pourra être douloureux, c'est ce que nous appelons maladie (le mal à dit), mais passé à la haute fréquence, c'est la guérison, c'est comme si la souffrance n'existait pas. Dans ce travail de passage, nous devons devenir de plus en plus lucides de nos deux états de conscience. Plus nous expérimentons la réalité de ce phénomène et plus le passage sera facilité. Il en sera ainsi pour toutes maladies, la maladie existera encore, elle s'exprimera encore, mais elle sera guérie « comme » si elle n'existait pas. Un jour, la mort sera morte, elle se manifestera encore, mais elle n'existera plus ! Décidément tout est contradictoire, là où les contraires s'expriment ensemble, là se trouve le lieu de passage, une matière dans une autre matière, en restant dans le même corps, et quand la chenille sera devenu papillon le cocon sera abandonné et sera recyclé dans l'élément primaire.

Le temps zéro

Les mathématiciens disent qu'à la vitesse de la lumière, le temps s'arrête, ou c'est la limite du temps qui se recourbe sur son espace, et qu'un homme voyageant à la vitesse de la lumière resterait théoriquement sans âge, tandis que son semblable sur la terre vieillirait et finirait par mourir. Peut-être sans le savoir le mathématicien a touché une loi profonde.

La matière qui selon notre étude, jusqu'à ce point, est fragmentée, est le « "Entre" » deux limites, ou la matière dans « l'espace/temps ». Dans la « dimension temps zéro » la matière (alors appelée « non matière ») existera toujours mais plus dans le temps. Dans notre conscience actuelle et mentale, l'espace (la matière) ne peut pas exister sans le facteur temps et pourquoi pas ? Tout simplement parce que notre mental traite séquentiellement l'espace fragmenté par la dualité. Notre conscience actuelle ne traite pas l'ensemble simultanément, car sa vibration est trop lente, trop basse, trop épaisse et trop lourde. Si la matière est figée c'est que notre conscience est lente, l'épaisseur de la matière (ou l'espace) est proportionnelle à la vitesse de la conscience. Dans une conscience supérieure, dans la conscience du temps zéro, la matière (ou l'espace inexistant, la « non matière ») sera plus légère, transparente, sans limites, de ce fait elle n'enfermera plus. Le passage sur la passerelle est un problème de transformation du temps de la conscience matérielle. La vibration, qui nous fera passer au seuil de la lumière paraîtra immobile, néanmoins dans un mouvement extrêmement rapide. Dans le domaine de cette vibration, il ne sera plus question du mental « kilomètre-heure » ce sera « vitesse-conscience ». A la limite du cosmique du temps matériel, comme à la limite cellulaire de l'épaisseur matérielle, la même matière sera « conscience-supérieure » elle se transformera et changera de loi. Cette Matière que je nommerai désormais avec un grand « M », est une propriété de la vitesse de la conscience. Quand le temps s'arrête, la Matière change, c 'est le temps zéro de la Matière. La mort n'est rien d'autre qu'un changement de temps, dans un changement de loi. Il appartient à l'humain de changer de temps de son vivant, il faudra changer de temps dans le corps et non le changer en mourant. Pour passer de la chenille au papillon, il ne faudra pas changer de Matière ; il faudra changer de temps de conscience. Dans le cocon de la chenille, le temps s'arrête et la Matière se transforme.

Le Malaise

De nouveaux fonctionnements apparaîtront, il semblerait qu'ils altèrent, atrophient ou oblitèrent les vieux fonctionnements du corps. La vision et l'ouïe diminueront, la mémoire s'endormira, certaines douleurs de vieillesses comme l'arthrose ou autres altérations d'organes apparaîtront, les appétits en nourritures et sexuels diminueront, en sorte, nous appelons ces altérations des phénomènes de vieillesse. En réalité ce sont des signes de désintégration. Les cellules au terme d'une vie veulent se faire entendre, et par là se libèrent de la trame gérée par le mental conscient, elles manifestent le désir de vivre dans leur vraie nature et ne pas devoir à nouveau se désintégrer pour recommencer un nouveau cycle d'emprisonnement dans une autre vie.

Les cellules, la Matière de ce pauvre corps ne peuvent s'exprimer autrement, ils ne savent pas, et le mental conscient ne sait pas les écouter, ce dernier ne sait que les faire taire, en les plombant de plus en plus par des poisons, des amputations et enfin les faire taire jusqu'au dernier acte, la mort.

Que se passe-t-il réellement ? Premièrement la trame de la cage de ce corps perd peu à peu ses facultés d'opposition, régie par la dualité, et contrôlée par l'égo du mental conscient. Deuxièmement la forte énergie bridée, depuis de longue date dans la cellule de la Matière, se manifeste, la haute vibration de vie peut enfin se faire entendre et s'exprimer.

la_trame

La libération produit des malaises « mal à l'aise », des douleurs « doux leurres », et le mental conscient affirme la maladie, le « mal-à-dit ». Ne dit-on pas que la vieillesse produit la sagesse ? Au plus tard, c'est en ces temps de cheveux gris, que l'on doit se poser la question « pourquoi ceci, et pourquoi cela ». En définitive, l'égo (engendré par la dualité) de notre jeunesse essoufflée, devrait laisser à la cellule de la Matière, la liberté de s'exprimer et de se faire ressentir.

Au-delà de la souffrance et du malaise, une nouvelle vision, qu'il faudra découvrir et apprendre s'installera, une vue non seulement de la Matière fragmentée et divisée, mais une vue qui verra la vie au-dessus et au-dedans de la Matière. Ce sera une vision corporelle, ce sera le corps qui regarde son monde directement, sans l'intervention du mental et de moins en moins avec l'intervention des yeux, qui eux aussi sont brouillés et fabriqués d'avance par le mental. (Il nous arrive de chercher un certain tournevis sur un établi, et les yeux ne l'aperçoivent pas, c'est qu'à l'instant du regard le mental conscient ne l'a pas défini ou « fabriqué » d'avance).

Le corps qui regarde ce n'est pas le prolongement matériel de notre fausse vision mentale, ce sera une vision en-dehors de la cage de la dualité consciente, ce sera une vision de la réalité matérielle, sans apparences et excroissances, une vue dépourvue de travestissements mentaux, c'est le monde matériel vu sans déformation.

La vision de la conscience humaine ordinaire est une conscience, où le temps, la « chose » existe entre deux pôles, donc de ce fait la « chose » matière est divisée par le contexte de la dualité. Le mental humain ordinaire se positionne entre ces deux pôles, c'est son point (de vue) son centre et existe par rapport à un autre point (de vue) d'une autre matière fragmentée. Ainsi chaque mental ordinaire existe par rapport à son centre (son point) qui est ce point de conscience.

Dans la nouvelle conscience supérieure en dehors de la cage de la dualité, là, où la Matière de la chose, de l'humain, de l'animal, de l'objet, de l'espace existe en-dehors du composant temps, le point, ce centre de l'ego, n'existera plus, mais la Matière seule existera par elle-même. Le petit point de conscience divisé le « Je », laissera la place à la chose qui « Sera ».

Quand quelque chose de nouveau doit s'installer, il y a perte d'usage de l'ancien il y a un certain « je perds la vue, je perds la mémoire, je perds ma mobilité, je perds ma vie », une certaine incertitude s'installe. La loi de la dualité vécue au travers de nos vies successives, dans sa cage nous a mis en confiance. Dans cette maison, - rappelez-vous du « Beth », le chiffre deux – mentalement et physiquement nous nous trouvons en sécurité, nous avons ce qu'il faut : banques, salaires, retraites, pensions, contrats d'assurances, médecins, hôpitaux, tribunaux, juges, avocats, polices, politiques et présidents à tous les niveaux et puis le chacun pour soi et Dieu pour tous. Pourtant cette pseudo confiance nous enchaîne, entrave notre liberté et par là empêche l'évolution de l'humain à l'image de la Création à l'image de l'Origine.

L'évolution ne se fera pas dans la cage lourde gluante et collante, la trame aura servi à des expérimentations, elle nous a enrichi à la connaissance du bien et du mal. À ce jour il va falloir sortir dissoudre la dualité, le temps s'accélère, la fragmentation arrivera à son terme, elle disparaîtra entièrement pour ne laisser la place qu'à l'espace unifié, l'entier le vrai, le « ÊTRE ».

À l'exemple du renard qui devra quitter sa tanière, son mental le retient, la peur de l'inconnu cet extérieur, l'inconnu lui donne raison. Alors pour le faire sortir, il faudra employer des stratagèmes, lui faire peur, le menacer, lui polluer son environnement, l'inquiéter économiquement et politiquement, l'intimider par des nouvelles peu rassurantes, l'inquiéter, le rendre malade et le faire mourir pour recourir à un nouveau cycle de vie illusoire. Ces stratagèmes sont désagréables et douloureux autant pour le mental que pour le physique.

Pour survivre il faudra sortir de notre « Maison Intellectuelle », sortir de notre conscience que nous appelons rationnelle, faire taire notre mental bridé par l'ego et la connaissance. La nouvelle conscience engendrée par l'Univers se manifestera jour après jour par une puissance de plus en plus forte, si nous résistons la douleur sera de plus en plus grande. L'accès à la nouvelle conscience de vie ne sera pas simplement des voyages ou pélérinages sur notre planète , ce ne sera non plus les visions de tous les dieux de l'univers, ni les extra-terrestres qui prendront à bras le corps le changement de dimension. Non, nous ne partirons pas au paradis avec des ailes, et nous ne nous envolerons pas sans le corps, mais ce dernier sortira tout simplement du mensonge et de la douleur qu'il a engendré, il sortira de l'illusion pour devenir ce qu'il était toujours, le « Vrai ».