Tu es mon semblable, tu es mon miroir

Dans l'ancien testament dans le livre « Lévitique » il est écrit « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Les deux commandements les plus grands que Jésus confirma devant les pharisiens dans le temple furent : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu .... » et le second qui lui est semblable : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Matthieu 22 v38-40).

Comment puis-je aimer mon prochain si je ne m'aime pas moi-même ? L'acceptation de soi est la clé de l'acceptation de l'autre. S'accepter soi- même c'est accepter ce qu'on est : homme, femme, blanc, noir, gros, petit, pauvre, maladroit, incompétent, malade ou autres, c'est aussi accepter ses souffrances, son handicap, son destin même ses passions, reconnaître ses faiblesses, ses manques, ses défauts.

L'acceptation de soi est le préalable à l'amour. Pourtant la morale conventionnelle, la vie en société nous ont inculqué l'inverse. Les institutions religieuses demandent à accepter en tout premier lieu, leurs crédos, leurs visions, leurs Eglises, puis seulement, peut être, à devoir s'aimer. Heureusement les nouvelles spiritualités qui émergent préconisent en matière d'amour et d'acceptation, de toujours commencer par soi-même. Il est impossible d'accepter de comprendre l'autre, et enfin de l'aimer sans que nous nous aimions nous-mêmes. S'accepter revient alors à se connaître sans jugement et sans justification.

Au commencement de ma vie spirituelle, j'avais été mis en rapport avec des personnes semblant avoir une grande aspiration intérieure, un élan vers quelque chose de plus profond et de plus vrai. Mais après quelques années passées avec eux et malgré tout le mal qu'ils se sont donnés, leurs institutions religieuses passaient avant l'amour de son prochain.

Qui est mon prochain ? C'est tout simplement l'autre moi. Mon prochain réfléchi souvent ce que je suis, ses comportements me dérangent, ses agissements, ses expressions ou ses réflexions sont identiques aux miennes et cela peut me gêner !

Mon semblable mon miroir, exprime des états d'un ordre physique ou psychique comme la joie, la douceur, la peine et la souffrance. Ces états sont des expressions intégrantes aux trois niveaux de la conscience humaine. Dans notre dimension divisée, le bien se justifie par le mal, et le mal par son opposé le bien, l'homme de ce jour semble vouloir oublier cette loi de dualité. À tout prix, l'homme veut faire du bien et supprimer le mal ! Tous moyens sont bons pour éradiquer ce que nous définissons par « mal ». Le mal, il faut l'éliminer, la science y travaille et en tire même profit (pharma par exemple), les obstacles doivent disparaître, il faut éliminer ce qui dérange, l'organe malade il faut le couper, on mutile, on sépare, on fait disparaître tout ce qui ne répond pas au bien, tout ce qui ne répond pas au Divin... Alors qu'est-ce qui reste ? Combien de génocides, combien d'exterminations, combien de guerres de religions, là, de quel côté était le « bien » ? De quel côté était le « mal » ? Combien de guerres ont été faites au « Nom de Dieu » !

Un jour c'est Dieu, un jour c'est le Diable, un jour c'est bien, un peu plus tard c'est mal, on tue le prophète, le lendemain, on garni sa tombe ! Exemple typique de l'histoire de France : un jour des hommes d'églises ont qualifié une jeune fille comme sorcière et elle a été éliminée sur un bûcher, aujourd'hui elle est déclarée comme une Sainte, même dans leurs églises, elle est présente à côté des apôtres. Voilà quelques milliers d'années, que cette gymnastique spirituelle dure et continue. On médite, on prie pour sortir de cette impasse, plus on s'acharne dans cette ignorance, plus la bête est bête, et le plus petit saint est saint. On fait des quantités de bonnes actions, des groupes de néo-spirituels se forment, c'est bien, actuellement ces genres de rassemblements fleurissent comme les roses du désert après une forte pluie, puis il y a des bons, même des très bons et des moins bons, les mauvais sont dehors, ils ne sont pas avec nous, et ainsi soit-il !

Le changement de dimension ne veut pas dire nettoyer quelques petits ou grands péchés, devenir meilleur et faire reluire des vertus, il ne faudra pas non plus dépasser la moralité, car instantanément l'humain se précipite dans l'immoralité. L'élévation est toute aussi bloquée pour ceux qui portent des lunettes spiritualistes ou des binocles matérialistes, leur vision est toute aussi fausse d'un côté comme de l'autre.

Pour passer à une dimension supérieure, je pense qu'il faudra prendre à plein bras les obstacles d'ordre physique et psychique. Ces obstacles sont des adversités qui nous font mal, comme la peine, l'injustice, la douleur, la souffrance ou tout autre ennui, ces malheurs il faudra les placer dans leurs réalités, dans une conscience d'exactitude. Cette conscience est minutieuse et juste, toujours présente sur nos trois plans humains, celui de la pensée, celui des émotions comme celui du physique.

Comment allons-nous examiner cette conscience d'exactitude ? Avant d'entreprendre cet examen, il faudra premièrement considérer que nous ne sommes pas le centre du monde, et mettre notre égo en totale sourdine, et deuxièmement ce qui est le plus difficile, faire taire notre mental qui sans technique appropriée est incapable de se soumettre. Alors en dernier lieu nous aurons la faculté de scruter notre intérieur par une observation minutieuse. Par cette observation, peu à peu notre conscience découvrira des ressentis qui seront d'abord grossiers puis de plus en plus fins. Nos organes commenceront à se manifester soit par la chaleur, soit par des picotements, soit des tremblements voire des souffrances, ainsi nous découvrons que la Matière de notre corps est vivante et présente. La perception peut être : douce ou violente, agréable ou désagréable, plaisante ou déplaisante, toutefois peu importe le ressenti, il sera sans aucun jugement, il faudra juste le laisser s'exprimer, ne pas s'attarder sur le ressenti... Dans l'évolution de notre future dimension, la Matière de notre corps sera alors le porteur de la nouvelle conscience. De même observons nos émotions sans jugement de valeur, sans condamnation, ni approbation, observons sans exagération, ni justification, laissons-les s'exprimer, ainsi l'énergie libérée ne plombera plus nos cellules physiques, la Matière.

Rudolf Steiner (Philosophe, penseur social et occultiste, il est le fondateur de la doctrine ésotérique, l'anthroposophie, qu'il qualifie de « chemin de connaissance », visant à « restaurer le lien entre l'Homme et les mondes spirituels ») fait remarquer : « Que dès que nous ne pensons plus à l'être essentiel du monde sensible, nous cheminons alors dans une investigation vivante et consciente du mystère de notre existence ». La nouvelle conscience est une connaissance objective, ce n'est pas un processus de pensée mais d'un acte contemplatif.

Par l'observation, nous abandonnons les mirages du mental, le savoir intellectuel, nous cheminons vers une transformation de notre mode de connaissance, qui ne sera plus sous l'emprise, par la dualité, de la certitude et l'incertitude, la connaissance sera alors de l'ordre physique de la matière.

La matière est vivante, l'huile du chandelier circule dans toutes les branches du monde créé. La création de ce monde est comme le chandelier, il est d'UNE seule pièce. L'intelligence de la création n'est pas seulement dans la tête du monde animal, l'intelligence se trouve partout dans toute la création aussi bien dans le minéral, le végétal comme dans l'animal. L'intelligence est divine, toute la création est divine, la matière est divine, la plus petite cellule d'un corps est divine et renferme son intelligence. Le Divin se trouve dans toute la création, du plus petit atome à l'univers entier, le chandelier entier vibre à la fréquence du Divin.

Le physique du corps humain est créé à partir d'éléments simples : les atomes du monde minéral silice (terre) vont évoluer au végétal (terre + eau), ensuite à l'animal (terre + eau + air), et en définitive à son souffle qui s'est développé. Il prenait de l'importance, le poisson devait sortir de l'eau pour mieux assimiler l'atma. Remarquons que ces évolutions engendrent des modifications physiologiques. Petit à petit par des millions voire des milliards d'années, ce poisson évolue vers un animal qui reçoit de plus en plus de lumière (feu), il possède les quatre éléments, la terre, l'eau, l'air et le feu. Enfin, il se redresse à la verticale, son cerveau se développe pour acquérir de l'intelligence, il devra encore faire évoluer la matière physiologiquement pour abandonner son « sac de chair » induit par son mental physique, et devenir l'Humain le « ENTRE » du monde Créateur et le monde Créé, l'Être à l'image de Dieu.

L'évolution sera de nature physiologique du fait que l'environnement n'est pas le même. Le minéral semble être statique et se contente de sa place avant de se désagréger, le végétal a besoin de racines pour pomper l'eau et s'élancer vers la lumière, l'animal d'abord aquatique ensuite terrestre se déplaçant, dans les trois dimensions a besoin de l'eau, de l'air et de la lumière, ces changements d'entourages et d'expressions nécessitent une modification corporelle adaptée à ces transformations.

L'évolution dans la dimension à venir ne sera pas mentale et spirituelle, elle sera spirituelle et physiologique, c'est-à-dire que sous l'action spirituelle, l'intelligence divine contenue dans nos cellules (la Matière) pourra muter la Matière actuelle en celle de notre nouveau corps. La spiritualité nous amène seulement l'intelligence et la connaissance, le « Travail » appartient librement à celui qui voudra évoluer. Dans tous les cas les sept branches du chandelier sont divines d'une seule pièce dans lesquelles circule le même fluide, la même énergie, le même Esprit de vie.

La finalité sera, celui qui évolue vibrera autrement, son univers sera différent, son environnement sera au niveau de sa nouvelle vibration, sa nouvelle lumière, sa nouvelle vision. Celui qui n'évoluera pas sera tout aussi divin, et sera à la différence de l'Humain, assujetti à l'exemple de ce que nous connaissons à ce jour, une vie creuse, vide et sèche, une illusion de vie.