L'homme fossile

L'homme biologique est constitué par des matières comme les os, les muscles, les fibres, la peau, le sang et différents liquides qui inter actionnent entre eux au travers d'organes en formant des systèmes comme le système digestif, sanguin ou nerveux. Cette biologie peut être décrite, analysée même visualisée au travers d'appareils comme le microscope ou le scanner. Ces matières donnent l'image d'un être visible, palpable et au premier degré existant, cet être appelons-le un androïde voire humanoïde.

Sur ce support qui n'est pas encore un humain, se trouve une première couche que nous appelons « couche mentale ». Cette première couche représente tout le vacarme de nos idées, le tumulte de nos préjugés, de tout ce que nous vivons constamment et journellement, toutes nos suggestions possibles comme : comment survivre ou comment se protéger ou encore comment se soigner ou quoi manger. Toutes ces suggestions nous occupent principalement et nous conduisent dans un cercle de vie fermée et repliée. Après cette première couche, une deuxième strate beaucoup plus collante qui serait celle de l'affectif et du sentiment. Cette couche grouillante d'émotions, ressemble à une trame recouvrant et conditionnant constamment la première couche et même les systèmes biologiques de l'humanoïde. Puis finalement, une troisième couche celle des « sensations » de toutes les perceptions du corps, toutes ses réactions spontanées de peur, d'inquiétude, de crainte, et d'agression. Cette troisième couche, cumul de perceptions n'est pas propre à l'humanoïde, elle lui a été octroyée par le milieu dans lequel il vit, par son enseignement, son éducation, sa culture, ou par des enseignements qui disent : « tu ne dois pas..., tu ne peux pas..., si tu fais ceci..., Il t'arrivera cela et ainsi de suite ».

Toutes ces couches recouvrant et plombant le support visible de ce que nous appelons homme l'emprisonnent, le conditionnent, et il accepte facilement sa servitude, il croit à toutes ses habitudes, il croit à toutes ses maladies, il croit au catalogue de la médecine, il croit à un monde de lois, et de cause à effet. L'homme est prisonnier physiologiquement.

On comprend qu'on peut être prisonnier d'une idée, prisonnier d'un sentiment, prisonnier d'une sensation, mais ce qu'on ne sait pas, c'est qu'on est physiologiquement prisonnier, et qu'il existe une liberté quand on arrive à traverser ces couches fossiles de conditionnement successives, on arrive à une liberté qui est tout au fond de notre « matière » que nous appelons faussement corps.

Au fond de notre corps dans la cellule épurée de toutes ses chapes fossilisées, se trouve la cellule mère « avec sa conscience cellulaire » pure dégagée de ses revêtements, libérée du mental, délivrée du sentimental, tirée de la captivité des craintes, libérée des agressions, affranchie des enseignements octroyés.

Cette cellule mère, partie de notre corps matière, est extérieure à notre corps, elle n'est pas enfermée dans un corps, elle est partout instantanément. L'homme avec ses couches fossiles s'est enfermé dans cette physiologie illusoire et égocentrique, qui consiste à ne concevoir le monde que de son seul point de vue avec la tendance à ramener tout à soi.

Si nous touchons cette conscience cellulaire au fond de notre corps nous réaliserons que ce n'est plus « UN CORPS » mais que c'est le corps de tout le monde, de toute l'humanité, le corps du monde animal, végétal et minéral qui est là instantanément. Ce Nouveau Corps est en mouvement, en vibration, en continuité, en échange et en parfaite symbiose avec tout, il n'y a pas de barrière, il sait tout, il vit partout, il est partout, il est hors du temps. Le « Je suis » serait l'unité dans la pluralité, le « Je suis » serait « Je Suis nous ».

La nature même du « moi » et de « soi » est de nature à isoler, l'ego sépare, il écarte et rend solitaire. La solitude produit un vide, un abîme profond qui ne peut rester vide, car la nature n'accepte pas le vide, alors l'homme cherchera à combler ses profondeurs par quelque chose que notre mental ou sentimental jugera noble ou utile. Il se tournera alors dans la lecture de bons livres, pratiquera une activité sociale ou de bonnes œuvres, adhérera à des mouvements ecclésiastiques et / ou respectables, à toutes sortes de pratiques, dont une toute aussi absurde que l'autre, si elles sont une quête de but et non de moyen.

Tous ces moyens ne peuvent pas combler et faire disparaître ce vide même en recherchant le Dieu de vérité. Ce vide lié à l'ego qui de nature est attaché au mental, au sentimental et aux perceptions, ne peut être comblé ni par l'image que l'on a pu créer de soi-même, ni par l'image de cette idéologie que l'on a pu enfanter dans ce monde, rien. En fait nous avons masqué, recouvert ou tout simplement fui ce vide, de peur de le réaliser.

Ce vide créé par l'ego, par mon travail, par mes capacités, par mes activités, par mon savoir tourne autour du « moi », même quand nous nous exerçons de nier l'activité du « moi » cette volonté elle-même, est un élément d'isolement. L'homme a construit des siècles durant une activité « autocentrique » et « égocentrique », elle imprégna toutes nos vies quotidiennes : ma famille, mon travail, ma situation, mes biens, mes études et ainsi de suite, tout cela a engendré ce grand vide, cet isolement.

Quand on ne cherchera plus à fuir, à vouloir faire, à vouloir remplir, à vouloir comprendre, à ne plus vouloir gaspiller son énergie dans la construction de nouveaux murs d'isolements, alors notre esprit lui-même se rendra compte de son impuissance à faire quoi que ce soit, que la pensée est stérile et ne peut rien faire. Alors seulement on arrive peu à peu au seuil de silence, où tout devient immobile, silence du corps, silence de l'esprit, silence absolu, je sens que je suis à « l'extérieur » là, où il y a l'amour et la beauté exprimés ou retenus.

A ce moment-là, le « Je » n'existe plus et quand il pleut, nous pouvons entendre si ce n'est que pour quelques secondes, le bruit des gouttes d'eau, non avec nos oreilles, mais nous pouvons les entendre à partir de ce silence profond dans la beauté, là où le « Je » est intégré et dissous dans l'élément de la nature. Cette intégration est amour, elle est béatitude, félicité parfaite mais non-plaisir.

Le Passage

Pour nous humain, l'obstacle le plus grand serait notre propre idée des choses, nous faisons des murs instantanés, en quelques minutes nous pouvons faire une liste de « ce qu'il faut faire et de ce qu'il ne faut pas faire » de ce qui est permis et de ce qui est défendu, de ce qui est bon, et ce qui est mauvais. Ainsi plus rien ne peut passer au travers quand nous avons « compris » nous sommes alors comme emmuré dans la compréhension, puis il faut de grands coups de marteau pour défaire nos saintes idées qui sont plus solides que nos diables d'idées ! Notre éducation mentale nous trompe. Pour nous sortir de cette situation il nous faut un lieu de passage qui serait un pont.

Un pont est une construction qui permet de franchir une dépression un obstacle, en somme quelque chose qui unit en passant par-dessus cette séparation. Le passage qui relie la séparation repose toujours sur une dualité « le côté gauche » et le « côté droit », le côté avant l'obstacle et le côté après l'obstacle. En principe un pont repose sur deux pieds ou deux semelles qui par principe sont opposés l'un à l'autre. Si nous prenions la métaphore du pont, les deux semelles sur lesquelles reposent et prend appui la passerelle, elles seraient aussi importantes l'une que l'autre. Aussi longtemps, que nous pensons qu'une semelle d'un côté est meilleure que l'autre, nous nourrissons notre mental par un déséquilibre, et la passerelle sera en déséquilibre et ne pourra jamais jouer son rôle. Ce Mental de parti, fait du « bon » et du « mauvais », il fait le salut, il fabrique des disciples, il construit des paradis et des enfers. Ce mental ne donne pas la vie, même après des millions d'heures de prières, de méditations et des kilomètres de discipline.

Le passage, c'est la passerelle et elle repose toujours sur deux bases opposées et contraires. La base de gauche et celle de droite sont nécessaires peu importe de quel côté où l'on se place. Un passage nécessite toujours deux éléments sinon il n'y aurait pas le besoin du passage !

À écouter les enseignements que nous donnent les économistes, les politiciens, les théologiens et autres, ils veulent tous nous « tirer » vers le meilleur, vers le bon, vers le haut et ainsi de suite, pourtant ces enseignements veulent à tout prix ignorer même occulter les échecs, le pire et le mauvais. Par contre, toute la création reconnaît ses contraires, sa dualité, sauf l'humain, lui par son ego, il « sait » !

Le travail de reconnaissance de cette base de passerelle, que j'appellerai « base gauche », celle qu'on aime le moins doit commencer maintenant et immédiatement pour chacun de nous. Ce travail ne sera complet qu'à la fin du Kali Yoga (« âge de Kali » ou « âge de fer », les hindous croient que la civilisation humaine dégénère spirituellement au cours de la Kali Yuga, qui est dénommé "Dark Age", car, en cette période les gens sont aussi éloignés que possible de Dieu). Pour arriver à la passerelle c'est le chemin de la descente pour tout le monde, jusqu'au ressort suprême. On ne peut pas toucher un point de matière sans toucher toute la Matière. On ne pourra pas détruire la mort sans détruire en chaque conscience, en chaque groupe, en chaque nation, ce qui est la racine de la mort. Ce qui surgit maintenant et gronde dehors au grand jour, ce qui s'étale sur les médias, sur Internet à la vue de toutes et de tous, sont ceux qui durant des millénaires vivaient chaudement sous des termes comme sagesse, morales, religions et saluts. À ces jours, le voleur est chassé de sa retraite centrale, il court de porte en porte et agite sa misère, ses terreurs, mais il est perdu, pas un seul jour n'est exempt de scandale porté à la connaissance de tous, il n'y a plus de sagesse pour l'abriter, plus un faux-semblant pour le maquiller, il est nu. Il sème partout sa grande œuvre de nudité et de pauvreté, il ne restera plus rien debout, ni paradis démocratique et électronique, ni politique, ni économie, ni religion, ni victoire, ni défaite, plus de crevasse cachée, plus une seule construction de l'esprit plus rien.... C'est alors que brillera le plan unique, ce qui est « le haut rejoindra le bas ».

En attendant, il ne peut pas y avoir de vraie paix tant que le cœur de l'homme ne méritera pas la paix. La loi du Dieu Amour ne peut prévaloir tant que la dette du Dieu de la Destruction ne sera pas reconnue. L'humanité est-elle prête à recevoir la loi de l'Unité et de l'Amour ? Est-elle assez évoluée pour recevoir la Lumière de ces ouvriers ? Aussi longtemps que l'Esprit ne sera pas prêt dans l'homme, la réalité ultime qui est intérieure, ne peut pas prévaloir sur la réalité immédiate extérieure. Le Christ et le Bouddha sont venus au milieu des hommes et ils sont repartis, mais jusqu'à ce jour c'est le Dieu de la Destruction qui tient toujours le monde dans le creux de sa main. En attendant, le féroce labeur du progrès économique, social et scientifique, tient une humanité tourmentée et opprimée par des pouvoirs qui sont les profiteurs et serviteurs de la force égoïste, il appelle l'épée du héros comme la garde du prophète de la lutte.

Toutefois durant ce temps le « pont » se construit, celui-ci prendra appui sur ses deux piliers, sur celui de gauche comme sur celui de droite. De par leurs positions, ils sont opposés voire rivaux, adversaires, ils peuvent être de natures différentes, l'un est masculin et l'autre féminin. Ils peuvent être de races différentes : l'un est de race noire, l'autre jaune ou blanche, de cultures différentes : européenne, asiatique ou autre, de nationalités différentes : l'un est français, l'autre américain ou algérien ou autre, de confessions différentes : chrétienne, musulmane, hindouiste ou tout simplement athée. Ces deux piliers jouent un rôle totalement identique, ils doivent supporter la charge de la passerelle qui sera la troisième partie du pont.

La troisième partie prendra appui sur les deux premières qui par leur position sont antagonistes, elle prendra appui sur des opposés pour faire l'union des deux extrêmes.

En ce qui concerne le passage à la vie nouvelle, à la dimension nouvelle qui est à notre porte, la passerelle n'est autre que la dissolution des contraires, la dissolution des deux premiers (dualité) pour n'être plus que l'unité.

Cette unité n'est pas une fin en soit car, sur une passerelle, on ne s'attarde pas, ce n'est qu'un lieu de passage. L'homme deviendra alors cette nouvelle espèce humaine avec une conscience nouvelle, celle qui est à ce jour incompréhensible pour nous, comme la conscience humaine mentale l'est pour les autres animaux.

Sur la passerelle

Le sens de l'Unité c'est seulement le b.a.-ba des enfants de la nouvelle évolution. Premièrement il faut être sur la passerelle du pont, et puis encore faudra-t-il la traverser sans avoir peur du vertige, de l'inconnu.

Le premier résultat de cette « unification » est plus souvent douloureux que plaisant. L'entrée dans l'évolution du Nouvel Homme n'est pas d'ordre mental, le vieil homme mental ne sera pas transplanté dans la peau du prochain à devenir. La raison sera que l'évolution sera « mécanique » voire physiologique. La Nouvelle Conscience à venir sera écrasante et disproportionnée au petit réseau de nerf qui s'évanouit quand il se coince le doigt dans une porte. Elle est d'abord un « Pouvoir » qui cherche à prendre sa place dans le treillis de nos systèmes nerveux et veineux cérébraux, qui éclate les cellules pyramidales comme des bulles. Il faut que la « mécanique » de la substance matérielle s'élargisse pour supporter la charge du changement corporel. La conscience même de notre corps doit faire un exercice d'élargissement ou d'éclaircissement correspondant physiologiquement à ce que peut être l'élargissement cérébral qui sépare l'homme du néolithique à celui de l'informatique.

Comme nous l'avions vu dans les chapitres précédents, la partie gauche du chandelier, celle la plus à gauche du monde créé, se trouvant au départ dans le monde minéral, puis cette substance physique a progressé son développement pour en devenir un monde végétal, une nature moins figée. Ce végétal a continué sa progression pour devenir l'animal qui non seulement ne reste pas sur place, mais qui a physiologiquement modifié sa matière pour se déplacer pour devenir plus libre et indépendant des premières évolutions.

Que représente la modification de l'ortie par rapport au minéral ou celle de l'animal par rapport au végétal ? Nous sommes éblouis, voire par les formes, mais qu'est-ce qui a changé sinon le mouvement, la dynamique ? Il y a eu passage de l'inertie du caillou à la croissance accélérée du végétal, puis à l'explosion active de l'animal. La mobilité, la vitesse est un événement de distance, une distance est une question de moyen, six pattes pour une fourmi, deux ailes pour une cigogne et un turboréacteur pour un avion moderne. Tout cela c'est l'être animal plus ou moins évolué qui se propage avec des « mécanismes » plus ou moins ingénieux. Quand la Matière, au niveau animal scientifique que nous sommes, reconnaît ses limites, l'évolution prochaine accélère le mouvement au point qu'il n'y aura plus « d'en dehors » ni « d'en dedans » ni « de près » ni « de loin ».

À ce jour, de plus en plus « l'Humain à ou en devenir » va se libérer des « Ersatz » comme le téléphone, la télévision, la télétransmission, le téléobjectif, le télescope, le microscope, l'Internet, le TGV, les fusées Ariane et tous ces artifices humains appelés techniques de pointe. Ces techniques ne rapprochent finalement pas les humains, ce sont des leurres, ils ou elles n'unifient pas les humains bien au contraire ils ou elles les séparent, l'homme de demain va enfin intégrer sa vraie nature.

On aurait pu penser que ce monde nouveau, ce monde « supra-mental » aurait eu des chances de naître plus pacifiquement au milieu d'humains plus raffinés, plus décents, mais non ce qui est « dehors » se trouve aussi « dedans ». Ce nouveau monde, ou cette nouvelle conscience naîtra avec des pinces (? ! ? ! ?) à laver le linge, ce linge sale du monde et il nous est mis sous le nez, jusqu'à ce que nous soyons suffoqués et dégoûtés pour consentir à autre chose. Comme jamais auparavant, la société actuelle prend de plus en plus les passions, les violences, les dépravations, comme normales. Nous constatons toutes sortes de manifestations vitales anormales, comme l'accroissement de la consommation de drogues légales ou illégales, des personnes deviennent arrogantes, menaçantes et folles. La nature se déchaîne tempête, incendie, inondation, tsunami, tremblement de terre, alerte à des pandémies vraies ou fausses. Ensuite apparaissent des personnes qui exercent une formidable influence vitale sur de larges foules humaines, qui rendent par exemple une vaccination obligatoire ou « pucer » (glisser une puce électronique sous la peau des individus) en forçant les citoyens à s'y soumettre.

Malheureusement la Matière de ce monde créé se souvient du minéral qu'elle était, elle n'aime pas le changement ni l'inconnu, elle a peur et préfère de loin rester immobile et ne pas trop bouger. Toutefois l'acteur de cette évolution, n'est autre que l'huile contenue dans le réservoir du chandelier qui alimente chaque branche, celles du monde (Matière) créé, comme celles du monde (Matière) créateur.

La dualité est dissoute dans l'Unité de l'individualité (ce n'est pas un paradoxe) et celle-ci conduira la Matière créée à sortir du lisier animal, pour devenir autre chose, tout évolue, la Matière terrestre évolue, cela nous dérange tant pis pour ceux qui pensent autrement, la terre entière est en train de virer de cap, qu'on le veuille ou non.

Sri Aurobindo disait : « Un corps entièrement conscient pourra même découvrir et élaborer la méthode matérielle et la progression exacte de la transformation matérielle... Aussi le corps serait le participant, l'agent de sa propre transformation ».

Ce que sera ou ce que pourra faire ce prochain être, nul ne le sait c'est un univers à découvrir. Notre cerveau pourra uniquement nous aider à comprendre le phénomène, si nous voulons bien y participer. Ce sera au niveau de la Matière que se déroulera l'évolution et pas au niveau de l'intellect. Ce corps physique tel que nous le percevons aujourd'hui n'est qu'une ombre de ce qu'il sera, mais il sera en mesure de se développer progressivement à travers chaque formation individuelle. La substance physique progresse, un jour, elle sera capable d'établir un pont entre la vie physique telle que nous la connaissons et la vie future celle qu'on nomme ailleurs, « Vie Supra mentale » ou « Supra consciente ».

Le calendrier Maya, ainsi que les adeptes de son interprétation, attirent notre attention sur un phénomène d'accélération du temps. Il est vrai, jeunes comme vieux, ceux qui sont attentionnés pourront se rendre compte eux-mêmes de cette « impression d'accélération du temps ». L'homme conscient a cru vieillir de plus en plus, grâce aux prouesses pharmaceutiques, peut-être..., ou simplement les heures, les jours, les mois les années ont passé plus vite ! Où se trouve le repère ? Sans repère sur l'extérieur, installé dans un TGV roulant à 60 ou 240km par heure, nous sommes totalement inconscients de sa vitesse.

Que se passe-t-il ?

L'univers entier, créant la lumière, le son, le vent, les ressentis des corps et ainsi de suite, ne sont que des vibrations déclinées du « plus fin au plus grossier ou du plus grossier au plus fin ». Ces millions de sortes de vibrations, qui n'en sont qu'une dans tout l'univers sont rythmées par une seule fréquence.

Einstein nous disait dans ses équations de la Théorie de la Relativité, que des quantités aussi « immuables » que la masse d'un corps, la fréquence d'une vibration, ou le temps séparant deux évènements, sont liés à la vitesse du système de référence, dans lequel se déroule l'expérience. Pour nous, notre « maison » vu du côté de la dualité humaine, le système « terre », serait le système de référence. Ainsi une horloge embarquée sur un satellite, en rotation constante, autour de la terre comptera 60 secondes entre deux « top » sonores, alors qu'une horloge identique restée sur terre marquera 61 secondes entre les mêmes signaux. Plus le temps se « contracte avec la vitesse, plus la vitesse augmente, plus la contraction est grande. C'est l'histoire du voyageur spatial qui revient sur la terre moins vieilli que ses congénères. Le jour où le temps de référence s'approchera de la vitesse de la lumière, le temps deviendra nul et toutes les lois de la vieille physique s'effondreront. Les choses deviennent instantanées, le temps « horizontal » n'existera plus, il ne sera que « vertical ». Ce ne sera que le maintenant, pour ainsi dire chaque « seconde » sera neuve, chaque « moment » de l'univers sera nouveau, comme s'il venait de naître, il y aura plus de « "Entre" », l'homme devenu Humain sera libre vierge de tout passé et de tout avenir.

L'existentiel tangible est une réalité, elle est non palpable par notre mental, comme l'amour ce n'est pas un objet, la confiance n'est pas un objet, la vérité ce n'est pas non plus un objet, ce sont des réalités bien plus réelles que des objets. Ce ne sont que des réalités pour l'intuition, elles seront existentielles une fois que notre intuition fonctionnera comme celui d'un vrai humain.

Avec l'inconscient, nous sommes animal, avec le conscient, nous ne sommes plus animal, avec le supra (ou super) –conscient nous serons Humain. Peu importe le nom que nous voulons donner à cette nouvelle conscience, nous devons arriver à un point au-delà du mental, arriver à une sérénité profonde, une impassibilité, un calme qui est notre vraie nature. C'est de cette matière que nous sommes, de cette matière que nous sommes faits et que l'univers est fait. La nature de cette matière est celle de Bouddha, celle de Jésus-Christ, cette nature libérée de toutes tensions, c'est celle de la divinité.

La passerelle enjambant la dualité, siégeant dans le mental, sera tellement renforcée, que les deux esprits antagonistes demeurant dans la conscience humaine, disparaissent pour devenir UN, alors la cristallisation surgit. Ce que George Gurdjieff avait coutume d'appeler esprits devenant un, la rencontre intérieure du masculin et du féminin, du yin et du yang, de la gauche et de la droite, de la logique et de l'illogique, de la rencontre de Platon et d'Aristote.

« Être » veut dire je suis « Entier », le monde dans lequel « l'Etre » actuel vit est plusieurs (plusieurs est un adjectif), voire divisé, il se trouve entre plusieurs au moins deux, il se trouve dans le mental, un duel perpétuel engendré par la dualité. Fondamentalement toutes les dualités du monde se trouvent dans la dualité du mental. Tout ce que nous verrons au travers du mental deviendra automatiquement autres, comme la lumière blanche traversant un prisme deviendra plusieurs. Cette lumière divisée qui est Une, nous apparaît sous différentes couleurs (l'arc-en-ciel), et ainsi deviennent réalité dans l'Être actuel divisé que nous sommes. Le monde dans lequel nous vivons est un arc-en-ciel, le mental est un prisme, et l'éther est un rayon blanc.

Même le mental est divisé, il y en a deux, notre cerveau est divisé en deux hémisphères, celui de gauche est relié à la main droite et celui de droite est relié à la main gauche. L'hémisphère droit est intuitif, illogique, irrationnel, poétique, imaginatif, romantique, mythique et religieux, celui de gauche est logique, rationnel, mathématique, scientifique et calculateur. Ces deux hémisphères sont constamment en conflit. La main gauche reliée à l'hémisphère droit du cerveau traite l'intuition, l'imagination, les mythes, la poésie et la religion, elle est encore en ce monde fortement dominée voire condamnée par la main droite. Du temps de ma jeunesse, les enfants écrivant de la main gauche étaient fortement réprimés et on les obligeait à devenir droitiers. Cette action de vouloir corriger, ce faire n'est pas seulement une question de main, c'est une question de politique interne. L'enfant gaucher fonctionne au travers de l'hémisphère droit, et la société actuelle ne veut pas permettre ceci car elle est rationnelle, elle veut un but, du tangible, de la richesse. La richesse fonctionne à travers l'hémisphère gauche, celui-ci est plus arithmétique, calculateur, malin, ingénieux, logique et il sait planifier, c'est peut-être la raison de sa richesse. Par contre l'hémisphère droit est au-delà de la raison, son fonctionnement est intuitif, créatif, il n'est pas constructif par une logique suivie, mais il fonctionne par éclair.

La domination des hémisphères cervicaux est encore plus visible à ce jour, par le refus de voir le monde féminin avoir sa place dans la société autant que l'homme. La gent féminine fonctionne davantage avec l'hémisphère droit, et elle est encore pour la plupart des sociétés dominées par la gent masculine.

Dans les livres dits « Sacrés » il nous est dit que la création était parfaite, ainsi chaque élément de la dualité doit prendre sa place, il n'y a pas de plus, ni de moins, les deux éléments ont la même raison d'être. Prenons l'exemple de l'hémisphère gauche du cerveau qui continuerait de nous dominer, nous vivrions une vie de succès, elle serait tant réussie qu'à quarante ans nous aurions des ulcères, à quarante-cinq un infarctus et quand nous nous aurions cinquante nous serions quasiment mort – mais mort de succès ! Nous serions devenus une personnalité importante, mais nous ne deviendrions jamais de grands êtres, nous aurions accumulé une certaine fortune, mais nous aurions perdu tout ce qui a de la valeur. Celui qui utilise l'hémisphère droit du cerveau vit sa poésie, son intuition, s'intéresse davantage à son être intérieur, à sa paix intérieure et à son extase. Si nous considérons et ne valorisons qu'un seul hémisphère, l'Être sera en déséquilibre. Par contre, ensemble un hémisphère qui « tire » et l'autre qui « retient », ou si l'un est en manque et sera compensé par l'autre, c'est cette alchimie qu'il faudra découvrir et appliquer, alors nous serons sur la passerelle posée sur les deux piliers opposés, passerelle qui nous conduira à l'unité, la sagesse de la vie future qui nous attend.