Etude sur La Vierge Noire

Etude sur “La vierge noire” 

vierge noire - copieEn France comme ailleurs, nous trouvons des « Vierges Noires » se sont des hauts lieux qui existaient bien avant le christianisme. Ces lieux sont situés sur des zones ou le courant tellurique, courant féminin (de la Mère), a sur l’homme une action spirituelle; ils sont placés en des endroits où « souffle » l’esprit.

 

Ces courants telluriques sont la manifestation même de la vie de la Terre, ils apportent aux lieux où ils se manifestent, une recrudescence de vie qui rend la terre plus féconde. Ces courants appelés autrefois « Wouivre », que nous nommerions aujourd’hui « cosmiques » ou éventuellement « magnétiques », sont souvent représentés sur les pierres d’anciennes églises, cathédrale ou autres édifices religieux, par un serpent ailé. En certains lieux, ils rejoignent les courants aériens représentés par des oiseaux (les sirènes) en donnant naissance aux dragons.

 

Comme partout, nous trouvons des courants dit « bons ou mauvais ». Les bons étaient ceux qui faisaient – et font toujours – du bien aux plantes, aux animaux et aux hommes. Autrefois, on s’assemblait pour vivre à ces endroits bénéfiques. Les plantes y poussent mieux, les animaux y prospèrent, la santé des hommes y est meilleure.

Ces courants fécondants, là où ils étaient particulièrement actifs ont été marqués par des pierres, qui en quelque sorte fixaient et condensaient leurs énergies salvatrices.

Parfois sur ces lieux, on dressait de hautes pierres pour capter en plus des courants telluriques, des courants célestes aériens ; nous les appelons aujourd’hui menhirs. Ces pierres de fécondité accumulaient les propriétés fécondantes de la terre et du ciel, ce principe repose sur celui de la relation entre le Yin et le Yang, les deux sexes, masculin et féminin de notre planète Gaia.

Par contre le dolmen (sorte de table formée par des pierres) n’est pas une pierre de fécondité mais une pierre de religion. Le dolmen est situé en un lieu ou le courant tellurique a sur l’homme une action spirituelle ; un lieu où « souffle l’esprit ». Le dolmen parfois en forme de galerie souterraine avait en quelque sorte recrée la caverne, simulant le centre de la terre, et c’est au sein même de cet endroit, dans cette chambre dolménique, que l’homme va chercher le don terrestre. Nous retrouvons ce même principe iniatique auprès des égyptiens (chambre initiatique dans la pyramide) ou dans le christianisme où il est présent par la mise en tombeau de Lazare et du Christ.

En occident, les hauts lieux, sont pratiquement tous marqués par la présence d’une vierge, ce sont des lieux de pèlerinages où depuis la nuit des temps, sont rassemblées des foules de pèlerins venue souvent à leurs risques et périls de très loin.

Ces lieux sacrés étaient tout d’abord aménagés sous terre (crypte) où l’on avait reconstitué un dolmen, un semblant de centre de la terre, grotte « druidique », qui avec le temps, ont été recouverts ou surmontés par des édifices religieux. Les exemples que nous connaissons ne manquent pas, pour ne citer que quelques uns comme Chartres, Reims, Amiens, Bayeux, Évreux (la constellation de la vierge) des « Notre-Dame de France » ou Einsiedeln et Mariastein à l’étranger.

La vierge, image de l’élément féminin, le terrain fécondable, d’où l’humain peut avec l’influence du Ciel - nous dirons aujourd’hui « cosmique », tirer une élévation de sa vie terrestre, pour à nouveau rayonner par une manifestation, qu’on pourrait qualifier de divine. C’est bien ce qui explique l’allégorie de la Vierge, parfois et souvent la Vierge est Noire.

 

 

 


Mais pourquoi une « Vierge Noire » ?

Le soleil de minuit représente l’Amour infini qui ne craint pas de descendre dans les profondeurs. Rien n’existe qui ne soit soutenu par la Lumiere unifiée (UNE). Certaines de ces demeures cohabitent dans le grand Corps du Divin, mais elles vibrent aux confins des parties les plus éloignées du Cœur. Elles sont si éloignées que l’obscurité y règne en maître. Les Entités ou Êtres qui peuplent ces lieux ont oublié qu’ils existent la Lumière et l’Amour, Eux ils ne connaissent que la haine et la révolte, ils sont dans des ténèbres opaques.

C’est le Royaume de celui que nous appelons le royaume de l’Ange déchu, son porteur de Lumière (Lucifer qui veut dire ange de Lumière), le grand méconnu de notre conscience humaine, Celui en qui, nous voyons en son nom, que le sombre aspect de la torche inversée ou celui de la Flamme du dragon.

La vierge des ténèbres, la Vierge Noire permet au noir royaume de subsister car telle est sa mission d’amour. Elle est la corde lancée dans ce puit de solitude. Elle est l’Amour absolu, dans la conscience de l’Unique. Elle est issue du Divin et au rendez-vous de toutes les étincelles au sein du Père, Elle sera à nouveau présente car si une seule âme devait manquer à l’appel, le Corps ne serait pas au complet. Elle est issue du Père : tout ce qui vit, du plus haut des cieux aux ténèbres les plus profondes, a sa place dans le Corps du Bien-Aimé.

Nous avons bien voulu goûter à l’arbre de la Connaissance du bien et du mal donc, aussi longtemps que nous ne participerons pas au festin des Noces, au repas du pain de l’Arbre de Vie, la dualité sera nécessaire pour l’exercice de notre libre arbitre. Ce que nous appelons par forces négatives, en nous et autour de nous, nous permettent d’évoluer par nos dons et nos prises de conscience. Car sans ces forces négatives où serait la valeur d’un acte d’amour, si un choix contraire n’était pas proposé, où serait la valeur d’un don, si des forces en nous ne s’y opposaient pas ? Ainsi, notre libre arbitre est de ce fait entier.

Quand l’homme connaîtra la véritable nature de cette Vierge Noire, partout où il ira il sera chez-lui, il ne craindra plus les ténèbres pour aller vers la clarté, il ne fuira plus le noir pour ne vouloir que du blanc.

La Vierge Noire nous soulèvera le voile de l’apparence de nos illusions et nous reconnaîtrons la présence de notre Mère, en somme ce que nous sommes. Dans tout ce qui est, cette Lumière Noire sera un guide, le sombre royaume de la séparation éveillera en nous, la compassion, notre âme sera touché par sa souffrance, et nous apporterons la consolation, ainsi l’illusion n’aura plus de prise sur nous. C’est par là que nous comprenons que le chemin qui monte est aussi celui qui descend.

Mais attention, avant de vouloir descendre il faudra nous laisser porter par l’appel de notre âme vers la Lumière. Il ne s’agit pas de plonger dans nos profondeurs pour nous noyer la conscience, de réveiller des souffrances anciennes enfouies dans notre inconscient, sans d’abord avoir été relié à la puissance de la Lumière qui pourra les transformer. Pour cela, je préconise qu’il faudra avant tout apprendre à gérer ses émotions par la prière, et par des méditations sur la vacuité qui souvent demande un long travail sur sois –même. Alors seulement quand nous serons prêt, la Lumière pourra descendre aux confins de l’obscurité et transformer le « vil métal en or » c'est-à-dire la tourbe psychique et physique, en conscience d’unité et corps de résurrection.

Pour terminer j’aimerai utiliser une image qu’a reprise l’iconographie chrétienne a des milliers d’exemplaires – encore qu’il n’est pas sure qu’elle ait toujours été comprise – Notre-Dame, la Vierge, a le pieds sur la tête du serpent, sur la tête de la Wouivre, elle ne l’écrase pas mais Elle le dompte !

Ainsi, j’aurai pondu ces quelques réflexions sur les hauts lieux avec leurs énergies telluriques, et aussi, sur la présence des Vierges Noires. Il y aurait encore beaucoup à dire, mais pour finir j’aimerai relater le livre de Louis Charpentier qui traite « Les mystères de la cathédrale de Chartre ». 

 


Entre autre il cite :

 « L’examen de la situation de Chartres dans l’ensemble français révèle encore une chose curieuse. Il existe dans ce que fut autrefois, la Gaule Belgique, dans les anciennes provinces de Champagne, Picardie, Île-de-France et Neustrie, un certain nombre de cathédrales placées sous le vocable de Notre-Dame (celles du XII au XIII eme siècles). Or ces églises tracent sur le terrain, et presque exactement, la constellation de la Vierge telle qu’elle se présente dans le ciel. Si l’on accole aux étoiles les villes où se trouvent ces cathédrales, l’Épi de la Vierge serait Reims ; Gamma, Chartre ; Tzeta, Amiens ; Epsilon, Bayeux… Dans les petites étoiles on retrouve Évreux, Étampe, Laon, toutes ces villes ont une Notre-Dame de la bonne époque. On trouve même, dans la position d’une petite étoile, près de l’Épi, Notre-Dame-de-l’Epine, qui fut construite bien plus tard.

Louis de Batère